Bigirimana se rendait en voiture de Bubanza à Bujumbura accompagné d’un agent de police et d’un adjoint lorsque qu’ils sont tombés dans une embuscade tendue par des hommes sensés appartenir aux Forces Nationales de Libération de Agathon Rwasa (FNL-Palipehutu).
Le porte-parole de l’armée burundaise, le major Adolphe Manirakiza, a confirmé à IRIN le décès du policier. L’aide qui a pu s’enfuir, a indiqué que les assaillants lui ont ordonné de descendre du véhicule et ont tué les autres occupants.
«La voiture du gouverneur est tombée dans une embuscade à 17h15 près de la réserve forestière de la Rukoko sur la Transversale 7 (la voie principale menant à Bubanza), un bastion des FNL. A cette heure-là, les forces de sécurité et les ex-combattants du CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie – Force pour la défense de la démocratie) avaient quitté leurs positions respectives» a indiqué Manirakiza.
Manikaza avait annoncé dimanche dernier que deux députés et un sénateur avaient aussi été attaqués et dépouillés. Les assaillants, a-t-il dit, ont aussi saisi les uniformes et les armes des deux gardes de sécurité sud-africains qui les accompagnaient.
Les FNL-Palipehutu ont nié toute implication dans la mort de Bigirimana. Le porte-parole des FNL, le Pasteur Habimana a révélé à IRIN lundi que le groupe était souvent accusé de meurtres imputables à l’armée et au CNDD-FDD.
«Notre présence à Rukoko ne prouve pas notre responsabilité dans les assassinats», a affirmé Habimana.
Il a ajouté que les FNL n’avaient rien contre le gouverneur. «Isaie Bigiriman est membre du parti Inkizo et son responsable (Alphonse Rugambarara) a démontré à plusieurs reprises qu’il était notre allié», a expliqué Habimana.
Habimana a accusé les mouvements armés opérant dans la zone d’être responsables de la mort du gouverneur. Ces groupes, a-t-il dit, sont en désaccord avec le gouverneur et de nombreuses lettres de Bigiriman au ministre de l’intérieur le prouvent.
Bigirimana, originaire de Bubanza, a été nommé gouverneur il y a trois ans pendant le premier régime de transition du président Pierre Buyoya.
Les FNL-Palipehutu demeurent le seul mouvement armé encore actif au Burundi, après 11 ans de guerre. Tous les autres mouvements, dont la puissante faction du CNDD-FDD dirigée par Pierre Nkurunziza, ont signé les accords de paix avec le gouvernement de transition et ont été enregistrés comme partis politiques la semaine dernière.
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