Le salaire minimum actuel ne permet plus aux salariés d’acheter le sac de riz de 50 kilos, aliment de base du pays. Généralement considéré comme le strict minimum pour assurer l’alimentation d’une famille pendant un mois, le sac de riz est vendu actuellement à 65 000 leones (25 dollars) sur le marché.
Les grévistes qui, par leurs actions, ont réussi à paralyser les activités économiques dans la capitale Freetown, exigeaient aussi une réduction du prix du carburant. La veille du mouvement de grève lancé par la principale fédération syndicale du pays, le Sierra Leone Labour Congress, le gouvernement avait réduit de 20 pour cent le prix du carburant dans un effort d’apaisement.
Paradoxalement, de nombreux sierra léonais ont favorablement accueilli cette grève, signe du retour du pays à la normalité, après 10 années d’une guerre civile qui a pris fin en 2001.
Aucun indicent sérieux n’a été déploré pendant les deux jours de grève, la plupart des taxis et bus ne circulaient dans les rues de Freetown où la plupart des bureaux de l’administration et les boutiques étaient fermés. Le mouvement de grève a aussi été suivi par les agents hospitaliers et les employés de la société nationale d’électricité et des eaux. Seul le corps des forces de police n’a pas l’a pas suivie.
Mercredi, la vie avait repris son cours normal à Freetown, avec des piétons encombrant les rues de la capitale et les concerts de klaxon des chauffeurs de taxi coincés dans les embouteillages.
Ce mouvement de grève fait suite à trois mois de négociations infructueuses entre les responsables syndicaux et le gouvernement, mais le président Ahmad Tejan Kabbah est intervenu personnellement en rencontrant mardi les syndicalistes pour discuter de leur plate-forme de revendications.
Plus tard dans la journée, Mohamed Deen, le président de la fédération syndicale appelait les travailleurs à mettre fin au mouvement de grève, indiquant que le gouvernement avait accepté de faire passer de 10 à 20 millions de leone (3 500 à 7 500 dollars) le plafond des revenus annuels imposables des salariés et que d’autres concessions avaient aussi été faites.
Selon Deen, le gouvernement a aussi accepté de mettre sur pied une commission paritaire incluant des représentants des syndicats et des employés "pour faire des propositions constructives et définir un salaire mensuel minimum réaliste."
Une autre commission paritaire se chargera de réviser les prix du carburant et des transports publics, a t-il ajouté.
Trois ans après la fin de la guerre civile, la Sierra Leone est toujours considérée comme le pays le plus pauvre des 177 pays figurant sur l’indice de développement humain du rapport 2004 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), malgré ses riches gisements de diamant, de titane et de bauxite.
Les trois–quarts des cinq millions d’habitants que compte le pays vivent avec moins de deux dollars par jour.
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