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Suspension des pourparlers de paix, les rebelles protestent contre les attaques de Khartoum

Les pourparlers de paix destinés à mettre un terme au conflit dans le Darfour ont été suspendus mardi à la suite du retrait des délégations des mouvements rebelles qui entendaient ainsi protester contre les violations du cessez-le-feu par le gouvernement de Khartoum.

Le mouvement armé de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) se sont retirés lundi soir des pourparlers de paix d'Abuja, la capitale du Nigeria, le premier jour des négociations.

"Nous suspendons notre participation aux pourparlers jusqu'à ce que la situation sur le terrain s'améliore et que le gouvernement soudanais s'engage résolument à cesser toute offensive," a indiqué mardi à IRIN Bahar Ibrahim, le porte-parole du SLM/A.

Le JEM a fait savoir qu'il suspendait sa participation en raison des violations répétées du cessez-le-feu et qu'il exigeait aussi de Khartoum la libération de ses membres emprisonnés par les autorités soudanaises.

"Ces deux conditions sont un préalable à toute reprise des négociations," a indiqué Ahmed Tugod Lissan, le porte-parole du JEM.

Les observateurs dépêchés par les 53 pays membres de l'Union africaine (UA) qui préside la quatrième série de négociations ont signalé que les deux
partis avaient violé le cessez-le-feu au cours des derniers mois. Ce conflit dans l'ouest du Soudan sévit depuis deux ans et a déplacé plus de 1,6 millions de personnes.

Les représentants du gouvernement soudanais ont condamné le retrait des rebelles et (ont explique que ) les attaques de Khartoum (arguant qu'elles) étaient menées en représailles aux harcèlements des forces rebelles et visaient à dégager les routes bloquées et à protéger les populations civiles.

"Si les rebelles cessent leurs harcèlements, nous arrêterons les actions de représailles," a dit à IRIN Ibrahim Mohammed, le porte-parole de la
délégation du gouvernement de Khartoum.

Selon Ibrahim Mohammed, Khartoum est prêt à poursuivre les pourparlers. "Seule une solution politique négociée peut résoudre le problème du Darfour et le retrait des rebelles des pourparlers ne peut qu'engendrer plus de violence dans le Darfour."

Les médiateurs de l'UA ont passé la journée à relancer la dynamique de paix, rencontrant séparément les rebelles et les représentants du gouvernement soudanais pour tenter de concilier les différentes positions et reprendre les négociations.

"Nous avons mené des consultations aujourd'hui avec toutes les parties concernées et espérons reprendre les pourparlers très bientôt," a indiqué Alassane Ba, le porte-parole de l'UA, sans donner plus de précision.

Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 lorsque des mouvements de rebelles ont pris les armes contre les autorités de Khartoum, les accusant d'avoir abandonné et opprimé pendant des années les populations de la région. Pour tenter d'écraser la rébellion, le gouvernement soudanais s'est appuyé sur une milice arabe, les Janjawid, qui, selon les rebelles, s'attaquent aux populations civiles et commettent des meurtres, des viols et incendies.

Pour l'ONU, le conflit du Darfour est la plus grave crise humanitaire au monde. Des dizaines de milliers de personnes y ont perdu la vie et plus de 2,3 millions de personnes ont besoin d'une aide urgente.

L'UA entendait boucler la quatrième série de pourparlers de paix d'ici le 22 décembre, après l'établissement d'une feuille de route politique pour mettre un terme à la guerre dans la région, mais les retards successifs ont compromis les négociations.

L'arrivée tardive de certains délégués a retardé d'un jour l'ouverture de la conférence qui a donc été reportée au samedi et des coupures de courant ont contraint les organisateurs à ajourner le début des pourparlers.

(Mais) Les discussions politiques ont été reléguées au second plan car les accords signés en novembre et portant les aspects humanitaires et sécuritaires du conflit n'ont pas été respectés.

Alors que les négociations à Abuja sont suspendues, le gouvernement soudanais et le troisième groupe de rebelles, le mouvement national pour la econstruction et le développement (MNRD), engageaient mardi dernier des pourparlers dans la capitale tchadienne N'Djaména.

Le nouveau groupe, le MNRD, négocie séparément avec les autorités de Khartoum, même si la plupart de ses revendications sont identiques à celles des deux principaux groupes rebelles. Toutefois le ministre des Affaires étrangères du Tchad a tenu a précisé que les négociations en cours à N'djamena allaient dans le même sens que l'initiative d'Abuja.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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