Selon le commissaire de police Jean N'Tia Bokombo, les enfants, âgés de six à 12 ans, étaient partis de chez eux avec le consentement de leurs familles.
« Alphonse Vodounon, un enfant de 10 ans venant de Zakpota, nous a indiqué qu'un neveu de son père avait négocié son départ et lui avait promis qu'il serait vendeur dans un grand magasin en Côte d'Ivoire », a expliqué le commissaire Bokombo.
Il a ajouté que ces enfants, qui voyageaient dans un mini-bus, étaient convoyés par quatre trafiquants Béninois. Les convoyeurs ont été interpellés au poste de frontière d'Hillacondji, où ils ont été placés en garde à vue, a précisé le commissaire Bokombo.
Les 17 enfants Béninois arrivaient des régions de Zakpota et de Dassa-Zoumé, à respectivement 150 et 250 km de la capitale Cotonou. Dix autres, dont neuf filles, venaient du Nigeria, un riche pays pétrolier frontalier du Bénin.
« (Les convoyeurs) ont d'abord déclaré qu'ils emmenaient les enfants en colonie de vacances au Ghana et en Côte d'Ivoire », a expliqué à IRIN le commissaire Bokombo.
Depuis quelques années, le Bénin est devenu une plaque tournante du trafic d'enfants en Afrique de l'Ouest. Les parents démunis confient leurs enfants à des passeurs qui prétendent les prendre en charge pour qu'ils aient un avenir meilleur.
Selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance, UNICEF, ces enfants sont ensuite revendus dans de grandes exploitations de café, de cacao ou de coton en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Nigeria ou au Gabon.
« Désormais, on fait subir automatiquement un interrogatoire à tout individu voyageant avec des enfants», a déclaré le Commissaire Bokombo à IRIN.
La semaine dernière, la police béninoise a intercepté huit mineures togolaises qu'une passeuse avait fait venir au Bénin pour les faire travailler durant les vacances scolaires.
La trafiquante a été remise à l'Organisation internationale de coopération policière Interpol ; quant aux petites filles, elles ont été prises en charge par les autorités togolaises.
Les 27 mineures dont le voyage s'est achevé la semaine dernière à Hillacondji seront à leur tour, et après enquête, remis à leurs parents.
Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) estime à près de 200 000 le nombre d'enfants victimes de trafic en Afrique occidentale et centrale.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions