Le Tribunal avait toutefois condamné mercredi Samuel Imanishimwe, un ancien commandant des forces armées rwandaises, à 27 ans de prison après l'avoir reconnu coupable de "génocide, crimes contre l'humanité et de violations graves à l'article trois commun aux conventions de Genève et à ses protocoles additionnels". Il avait cependant acquitté André Ntagerura, l'ancien ministre des transports et des communications ainsi qu'Emmanuel Bagambiki, l'ancien préfet de Cyangugu, poursuivis pour les mêmes chefs d'accusation.
La ministre de la justice, Edda Mukabagwiza, a déclaré que ce jugement ne "satisfaisait ni le gouvernement ni le peuple rwandais".
"Le jugement rendu est insatisfaisant et nous choque," a déclaré Mme Mukabagwiza. "Nous allons aider le parquet à faire appel."
Mme Mukabagwiza a par ailleurs également rapporté l'insatisfaction du gouvernement concernant la condamnation à 27 années de prison de M. Imanishimwe.
"Nous voulons que le parquet fasse appel de ces trois jugements," a-t-elle dit. "Nous sommes prêts à fournir toutes les preuves que le tribunal désire avoir sur ses trois personnages. C'était un groupe d'extrémistes qui ne doit pas rester libre."
Le TPIR, qui siège à Arusha en Tanzanie, a ordonné la libération immédiate de MM. Ntagerura et Bagambiki alors que le gouvernement a demandé leur maintien en détention jusqu'à ce que l'affaire soit jugée en appel.
Avec cette affaire, le TPIR a acquitté trois suspects accusés d'avoir participé au génocide rwandais de 1994, dans lequel près de 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés par des Hutus extrémistes. La Cour avait acquitté en juin 2001, Ignace Bagilishema, l'ancien maire de Mabanza.
Le TPIR a été créé en novembre 1994 pour juger les personnes présumées responsables d'actes de génocide et d'autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations du droit international commis sur le territoire d'Etats voisins entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994. A ce jour, il a condamné 18 suspects, dont M. Imanishimwe.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions