1. Accueil
  2. Africa
  3. Central African Republic

Bozizé invité à discipliner ses anciens combattants

L'archevêque catholique Paulin Pomodimo a incité le leader de la République centrafricaine, François Bozizé, à exercer un contrôle plus rigoureux sur ses anciens combattants, incluant ceux provenant du Tchad, à la suite de rapports relatant des atrocités commises à l'encontre de la population.

"Nous refusons le culte du couteau," a affirmé Monseigneur Pomodimo à
l'occasion de la messe d'enterrement dans la cathédrale de Bangui, de
l'ancien président David Dacko, décédé le 20 novembre à Yaoundé, la capitale du Cameroun.

"Quand un chien dangereux mord vos visiteurs, vous le mettez en laisse," a affirmé M. Pomodimo aux fidèles, dont faisaient partie M. Bozizé, le
vice-président Abel Goumba,le Premier ministre Célestin Gaombalet ainsi que des ministres et autres responsables.

L'assemblée avait applaudi les remarques de M. Pomodimo qui faisait
référence aux anciens combattants de M. Bozizé et à des Tchadiens réputés
pour être des mercenaires. Ils avaient combattu aux cotés de François Bozizé au cours de son insurrection d'octobre 2002 à mars 2003 contre le président Ange-Félix Patassé. Ce dernier avait été renversé du pouvoir le 15 mars par
M. Bozizé. Depuis lors, ses anciens soldats et les Tchadiens sont accusés de perpétrer des violations des droits de l'homme contre la population.

S'exprimant vendredi sur les ondes de Radio France Internationale, M. Bozizé
expliquait que les exactions commises par ses anciens combattants "étaient
un des problèmes à régler urgemment".

Le tribunal militaire permanent est par ailleurs actuellement saisi de
plusieurs dossiers impliquant des militaires dans différents crimes. Ce
tribunal a été réactivé lundi après huit années de suspension.

La messe de funérailles de Dacko est le dernier hommage après trois jours de cérémonie. Dacko avait été président de 1959 à 1965 et de 1979 à 1981. Il sera enterré dans son village natal à Mokinda, à 100 km au sud de la capitale Bangui.

Dans le même temps, les routiers travaillant sur l'axe routier reliant
Bangui au port camerounais Douala, ont suspendu leur mouvement de grève
après quatre jours afin de pousser le nouveau gouvernement transitoire à
prendre des mesures concernant leurs revendications sur les extorsions de la police, a rapporté jeudi la radio officielle centrafricaine.

"Nous avons suspendu la grève pour permettre aux ministres récemment nommés de prendre leurs responsabilités et de commencer à discuter avec nous," a rapporté la radio en citant El Hadj Bachir, le président du Syndicat des Transporteurs centrafricains. Les routiers reprendront leur travail jusqu'au 10 janvier 2004, a-t-il ajouté.

Les transporteurs ont débuté leur mouvement de grève lundi pour protester contre des prétendues extorsions de la police. Ils ont stoppé leurs véhicules de Douala jusqu'à Bossembele, à 157 km au nord de Bangui.

"Les forces de sécurité extorquent beaucoup d'argent en enregistrant tous
les camions aux points de contrôle," a dit M. Bachir. Sur les 602 km qui
séparent Bangui de la frontière camerounaise, il existe 58 barrages
militaires, a-t-il précisé.

Le syndicat des transporteurs, a-t-il poursuivi, avait adressé plusieurs
lettres au gouvernement concernant ces prétendues extorsions, mais n'avait jamais reçu de réponse.

"Si le 10 janvier [2004] le gouvernement n'a pas entamé de discussions avec nous, nous lancerons une grève illimitée," a prévenu M. Bachir.

L'axe Bangui-Douala est vital pour l'économie du pays. Toutes les
importations et exportations transitent par cette route. Le gouvernement avait fait état des fortes pluies qui ont endommagé la route et entraîné une perte dans le volume des taxes encaissées. Ce manque à gagner avait engendré
des retards dans le paiement des fonctionnaires. Néanmoins, le gouvernement a été en mesure de payer les salaires jusqu'au mois d'octobre.

Les routiers protestent contre la mauvaise conduite des forces de sécurité, alors qu'un tribunal militaire permanent est saisi de dossiers impliquant des autorités militaires dans des violations des droits de l'homme.

Les organisations de défense des droits de l'homme ont accusé des militaires et des Tchadiens, tenus pour mercenaires, de commettre des exactions contre la population.

Cinq militaires de l'ancienne unité de renseignement présidentielle sont
soupçonnés d'avoir commis, en octobre, un viol collectif sur une femme dans une caserne de Bangui, alors qu'en décembre, d'autres gardes présidentiels ont été accusés d'avoir tué trois personnes appartenant à des groupes d'autodéfense. Quelques jours plus tard, un groupe de Tchadiens tuait un officier de l'armée en le poignardant.




This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join