Lange effectuait la semaine dernière sa première mission en tant qu'ambassadrice de bonne volonté de l'Unicef, dans l'Est de la RDC, une région particulièrement touchée par les affrontements interethniques depuis 1998.
"Les femmes et les enfants qui survivent à cette brutalité stupéfiante en subiront les séquelles physiques et psychologiques tout le reste de leur vie. La communauté internationale doit mettre fin à ces crimes horribles et aider les survivants. Quant aux responsables, il faut les traduire en justice," a déclaré Jessica Lange à son retour de la RDC.
L'Unicef a précisé, pour sa part, que les viols et autres crimes sexuels sont commis par l'ensemble des mouvements armés en RDC. Les exactions se déroulent à l'occasion des opérations militaires dans le but d'humilier et de terroriser la population. Les autres membres de la famille sont, en effet, souvent obligés d'assister, impuissants, à ces atrocités, a rapporté l'Unicef.
"Le viol est un affront aux droits fondamentaux, à la décence et à la dignité humaine," a déclaré de son côté, Carol Bellamy, la directrice générale de l'Unicef. "Le monde ne peut se taire lorsque le viol sert d'instrument de guerre dans l'Est de la RDC. Des enfants de cinq ans, des femmes de 80 ans sont même victimes de cette brutalité indicible[...] Il s'agit de crimes de guerre et leurs auteurs doivent répondre de leurs actes, devant leurs communautés, devant le gouvernement de transition et devant la communauté internationale par le biais de la Cour pénale internationale," a-t-elle encore prévenu.
Ces viols ont, par ailleurs, de graves conséquences sur la propagation de l'épidémie du VIH/SIDA. Les combattants, auteurs de ces viols, sont souvent séropositifs et mettent en danger de mort leurs victimes. Selon les chiffres avancés par l'hôpital de Panzi à Bukavu, 27 % des personnes violées sont séropositives, alors que la population infectée dans l'Est de la RDC est estimée à 15 %, a rapporté l'Unicef.
La guerre dans ce pays a brisé la vie de nombres d'enfants et de familles. "Des dizaines de milliers d'enfants du pays ont été enrôlés et obligés de combattre pour toutes les parties aux conflits. Certains sont utilisés comme esclaves sexuels, porteurs ou cuisiniers. Parfois, les enfants représentaient quelque 35 % des troupes envoyées au front," a expliqué l'Unicef. Du fait des ravages du conflit, "70% de la population n'ont pas accès à des soins de santé, soit parce qu'ils sont pauvres pour se les payer soit parce qu'ils ne sont pas en mesure d'accéder aux installations," a rajouté l'Unicef.
Le viol en tant qu'arme de guerre n'existe pas qu'en RDC. Selon les chiffres avancés par l'Unicef, 20.000 filles auraient été violées au cours de la guerre dans les Balkans. L'organisation onusienne estime, par ailleurs, qu'entre 250.000 et 500.000 femmes ont été violées pendant le génocide rwandais en 1994.
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