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Un juge sénégalais ordonne l'extradition d'un comploteur présumé du putsch

La Cour d'appel du sénégal a ordonné l'extradition vers la Mauritanie du lieutenant Didi Ould M'Hamed, accusé par le gouvernement de Nouakchott d'avoir participé au putsch avorté du mois dernier.

La décision, prononcée jeudi, a été virulemment condamnée par une organisation sénégalaise des droits de l'Homme, qui a indiqué que l'ordre d'extradition équivalait à une "sentence de mort".

M. M'Hamed a pris la fuite à l'issue de la tentative de coup d'Etat du 8 juin, maîtrisée après deux jours d'intenses combats. Il a été arrêté dix jours plus tard à Bakel, une localité frontalière sénégalaise, et a été transféré à la capitale, Dakar.

L'arrestation de M. M'Hamed a été amplement commentée par la presse sénégalaise et les associations des droits de l'Homme ont cherché à entrer en contact avec lui, mais les autorités avaient nié que l'officier mauritanien était en détention.

D'autres comploteurs présumés ont été appréhendés en Mauritanie. Cependant, leur cerveau, le lieutenant colonel Saleh Ould Hannena, est toujours en cavale.

L'organisation des droits de l'homme, RADDHO, sise à Dakar, a protesté que M. M'Hamed sera soumis à la torture et en dernier lieu à une exécution s'il retournait en Mauritanie.

"Il s'agit d'une décision extrêmement grave car elle comporte des risques de torture pouvant aboutir à la mort. L'extrader signifie qu'on l'envoie à sa mort ", a affirmé à IRIN Alioune Tine, secrétaire général de RADDHO.

Il a poursuivi que le retour forcé de l'officier rendrait le Sénégal complice d'une "sentence de mort " et violerait le traité international contre la torture et les traitements inhumains ratifié par le gouvernement.

Il s'agit de la première tentative d'extradition depuis un autre pays d'un des comploteurs du putsch mauritanien. Le président mauritanien Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya a fait arrêter de nombreux officiers de l'armée et de hauts responsables civils soupçonnés de connivence avec les rebelles, notamment plusieurs personnalités du parti au pouvoir dans le pays.

Il y a deux ans, des juges sénégalais avaient refusé une requête visant à déférer devant la justice l'ex-président tchadien Hissène Habré, pour torture et exécutions extra-judiciaires lorsqu'il était chef d'Etat de 1982 à 1990. La Cour d'appel avait rejeté la demande faite par des proches des victimes présumées pour que M. Habré soit jugé au Sénégal, où il vivait en exil.

Par la suite, le président sénégalais Abdoulaye Wade avait manifesté sa volonté de livrer M. Habré pour qu'il soit jugé dans un pays tiers, à condition qu'il ait des garanties que le procès sera équitable. L'ex-président tchadien, qui a été accusé d'avoir fait exécuter quelque 40 000 personnes, vit actuellement à Dakar.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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