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Un hebdomadaire fermé alors que les rafles contre les militants islamistes continuent

Le gouvernement mauritanien a fermé un hebdomadaire de langue arabe et a émis un mandat d'arrêt contre son directeur de publication, aujourd'hui dans la clandestinité, a rapporté jeudi la Fondation des médias de l'Afrique de l'ouest.

La décision fait suite à un mois de rafles contre les militants islamistes dans ce pays de moins de trois millions d'habitants, qui s'apprête pour des élections présidentielles en décembre prochain.

La 'Media Foundation for West Africa', sise au Ghana, a indiqué que le gouvernement mauritanien avait fermé l'hebdomadaire 'Erraya' le 29 mai pour "subversion et intolérance". Il a émis par la suite un mandat d'arrêt contre Mohamed Mahmoud Ould Seyidi, le président de son conseil d'administration.

Le groupe de protection de la liberté de la presse a déclaré que le rédacteur en chef de 'Erraya', Ahmedou Ould Wediaa, qui a l'intention d'interjeter appel contre l'interdiction, n'a pas été vu depuis le 30 mai.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FILDH) a rapporté mercredi qu'un certain nombre de militants de l'opposition a été arêté et jugé dans le but de baillonner les opposants au président Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya.

Le chef de l'Etat a accédé au pouvoir à l'issue d'un coup d'Etat en 1984 et ,selon toute attente, il va briguer sa réelection en décembre. Toutefois, le code électoral de la Mauritanie interdit à toute personne condamnée par un tribunal à entrer dans la course à la présidence.

La FILDH, basée à Paris, a protesté contre le procès de neuf membres du parti d'opposition Nouhoud, sous le coup d'une interdiction, condamnés le 29 mai à des peines allant de trois à six mois de prison.

Elle a déclaré qu'ils ont été condamnés pour "la création d'une association clandestine (non autorisée) et la resurgence d'un parti politique qui avait été dissout". L'organisation des droits de l'homme a affirmé que le procès a été truqué, ne serait-ce que par le fait que l'équipe de la défense, désignée par les autorités, a plaidé "coupable" au nom des accusés sans les consulter.

La FILDH qui a également exigé la libération immédiate de plusieurs professeurs universitaires, de chefs de file religieux, et d'autres détracteurs du gouvernement, a indiqué qu'ils ont été interpellés, début mai, pour complot contre l'Etat.

L'agence d'information panafricaine (PANA) a informé de son côté que trente membres d'un autre parti politique d'opposition, le Mouvement des forces démocratiques, et un prêcheur islamiste, ont comparu mardi devant un tribunal dans la capitale, Nouakchott, pour répondre d'accusations de trahison. Ils sont accusés "d'utiliser des lieux de culte pour une propagande subversive et d'avoir des liens avec des réseaux étrangers:", a-t-elle rapporté.

La PANA a informé qu'ils ont été arrêtés en mai. Le juge a refusé la caution et a ordonné que les accusés soient maintenus en prison, a-t-elle ajouté.

La Media Foundation for West Africa a fait part de son inquiétude pour la liberté de la presse et la liberté d'expression en Mauritanie. "Nous en appelons au gouvernement du président Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya pour qu'il garantisse la sécurité de Ahmedou Ould Wediaa et lève l'interdiction imposée à cette publication", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Dans le passé, le gouvernement a étouffé les critiques des médias en utilisant l'ordonnance-loi de 1991 relative à la liberté de la presse qui lui permet "d'interdire la circulation, la distribution ou la vente de journaux ou de périodiques [...] qui portent atteinte aux principes de l'Islam ou à la crédibilité de l'Etat, causent un préjudice à l'intérêt général ou troublent l'ordre et la sécurité publics, quelle que soit la langue dans laquelle ils sont écrits".


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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