M. Bizimungu, âgé de 50 ans, fait face à 10 chefs d’accusation dont conspiration pour commettre un génocide, génocide, crimes contre l’humanité, homicide, extermination, viol, persécution et autres actes inhumains, de même que pour des infractions graves aux Conventions de Genève. Tous ces crimes auraient été commis durant le génocide rwandais de 1994 contre les Tutsis et les Hutus politiquement modérés.
Lors de la comparution de M. Bizimungu, le procureur principal, Maître Cyre Ali Ba, du Sénégal, a soutenu que l’accusé et plusieurs autres officiers de l’armée rwandaise avaient publiquement déclaré, avant même le génocide, que l’extermination des Tutsis constituerait la conséquence inévitable d’une reprise des hostilités entre les forces gouvernementales et l’Armée patriotique rwandaise, ou de l’exécution des accords de paix d’Arusha, signés en août 1993, rapporte Internews.
M. Bizimungu a été appréhendé dans la ville de Luena, dans l’est de l’Angola, par les autorités locales, sur la base d’un mandat d’arrêt émis par le Tribunal. Les autorités angolaises ont précisé qu’il avait combattu pour le compte de l’UNITA, un groupe rebelle angolais, qui a signé un accord de paix avec Luanda à la suite de la mort du leader du groupe, Jonas Savimbi.
L’Angola avait indiqué que M. Bizimungu avait été identifié durant le processus de démobilisation des troupes de l'UNITA. Son arrestation était la première à être effectuée en Angola au nom du Tribunal. Il était l’un des 68 soldats rwandais qui combattaient pour l’UNITA, a révélé le Gouvernement angolais.
"Il s’agit de l’un des anciens commandants de l’armée les plus hauts gradés à avoir été appréhendés jusqu’à maintenant", a annoncé le Tribunal de l’ONU.
Les accusations portées contre M. Bizimungu visent aussi Augustin Ndindiliyimana, l’ancien chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, Francois-Xavier Nzuwonemeye, ancien commandant du Bataillon Reconnaissance, son adjudant-major, Innocent Sagahutu, et Protais Mpiranya, ancien commandant de la garde présidentielle. Tous ces anciens officiers, à l’exception de M. Mpiranya, sont actuellement gardés en détention préventive par le Tribunal.
Ils sont sous le coup de 12 chefs d’accusation différents, dont 10 concernent M. Bizimungu. L’avocat Bharat Chadha, de Tanzanie, assure sa défense.
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