L'atelier visait à préparer la réunification transfrontalière de 51 enfants réfugiés libériens et sierra léonais dont les familles ont été retrouvées grâce au Réseau sous-régional de retrouvailles des familles opérant en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
Son objectif consiste à établir si suffisamment d'efforts sont déployés pour s'assurer que les enfants et les familles sont informés d'une manière adéquate sur leur situation respective avant de consentir à la réunification, et si le processus actuel de préparation des deux parties contribuait à une réunification durable de la famille. Les délégués à l'atelier incluaient des enfants séparés et réunifiés âgés de 9 à 18 ans, des parents, des représentants du HCR, du CICR, des gouvernements de la Sierra Leone et du Liberia, ainsi que des agences de recherche des familles de ces deux pays.
Le déplacement à l'intérieur et de part et d'autre de la frontière en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone a eu pour résultat un nombre estimé à 15 000 enfants séparés de leurs familles, beaucoup d'entre eux ayant été assujettis à un recrutement militaire forcé, à des abus corporels et mentaux et à d'autres formes d'exploitation. Les répercussions à long terme de tels traumatismes peuvent nuire au processus de réinsertion: les familles peuvent en effet réaliser que leurs enfants sont quasiment devenus des étrangers pendant leur absence, tandis que les enfants peuvent découvrir qu'ils sont passés d'une mauvaise situation à une autre et quitter leurs familles pour retourner dans leur pays d'asile.
Les enfants ayant participé à l'atelier du 6 au 8 août ont indiqué que la pratique existante de recherche des familles ne leur apportait rien de significatif et que, pour prendre des décisions informées concernant la réunification, il faudrait qu'ils obtiennent davantage d'informations factuelles. Ils souhaitaient obtenir des informations plus précises, négatives et positives, sur la situation de leur famille, sur la situation du point de vue de la sécurité dans leurs régions d'origine et sur les mesures de protection mises en place à leur retour. Ils désiraient également être consultés sur le type d'information que les assistants sociaux pouvaient fournir à leurs familles concernant leurs expériences durant la séparation. La pauvreté de la famille ne les rebute pas pour retourner chez eux, mais ils ont en revanche exprimé leur inquiétude quant au manque d'opportunités d'emploi, surtout s'ils étaient scolarisés dans leur pays d'asile. « Les enfants qui n'étaient pas occupés avec l'école dispose de trop de temps pour faire de mauvaises choses. Nous ne pouvons être les chefs de file du futur si nous ne sommes pas instruits », a rapporté SCF en citant les participants.
L'atelier a conclu sur la nécessité d'une participation accrue des familles, des communautés et surtout des enfants dans la planification et dans la préparation de la réunification familiale. Il faudrait également renforcer la collaboration et la coordination entre les agences menant des activités de recherche des familles à travers la frontière, ont recommandé les participants.
L'organisation non gouvernementale SCF (Royaume-Uni) administre des programmes de recherche familiale au Liberia, en Côte d'Ivoire et en Sierra Leone. Par le truchement de son Programme en faveur des enfants séparés, elle fournit un appui à l'édification de la capacité des agences et des ministères.
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