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État d’alerte suite aux fortes précipitations

Floods have devastated crops and cut off roads in Zambia
(Zambia VAC)

Dans toute l’Afrique australe, de l’Angola à Madagascar, des précipitations abondantes et des inondations localisées soulèvent les craintes d’inondations dévastatrices semblables à celles de 2000. Des milliers de personnes s’étaient alors réfugiées sur les toits, d’où elles avaient été secourues par des hélicoptères. Les inondations avaient fait plusieurs centaines de victimes et la production agricole du Mozambique avait été gravement affectée.



« On s’attend à un niveau de précipitations supérieur à la normale dans tous les pays d’Afrique australe entre les mois de janvier et de mai 2011 – le nord du Zimbabwe, le centre de la Zambie, le sud du Malawi, le centre du Mozambique et la plus grande partie de Madagascar devraient recevoir des précipitations supérieure à la normale », a indiqué le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies Bureau (OCHA) dans une mise à jour publiée le 20 janvier.



Hein Zeelie, un chargé des affaires humanitaires de l’OCHA basé à Johannesburg, en Afrique du Sud, a dit à IRIN que le niveau des rivières dans l’ensemble de la région était « très élevé », mais qu’on ne pouvait pas, pour l’instant, « comparer la situation actuelle à celle de 2000 au Mozambique ».



Il a ajouté qu’il y avait eu « beaucoup de changements » en Afrique australe au cours des dix dernières années. Les efforts des gouvernements sont mieux coordonnés et les pays sont mieux préparés à faire face aux inondations.



Afin de réduire le risque associé à l’évacuation soudaine d’un volume d’eau important, des lâchers d’eau réguliers ont été programmés pour le barrage de Kariba, sur le Zambèze, et celui de Cahora Bassa, en aval du fleuve, au Mozambique. L’autorité du fleuve Zambèze prévoyait d’ouvrir « deux vannes d’évacuation du lac Kariba le 22 janvier 2011 », a indiqué l’OCHA dans sa mise à jour.



« Cela...pourrait entraîner l’augmentation du niveau de l’eau et, à terme, des inondations en aval. Le gouvernement zambien a déjà émis des avertissements d’inondations pour les districts qui bordent le Bas-Zambèze, et les responsables de la gestion des catastrophes des districts alertent les communautés et se préparent à d’éventuelles inondations. Les autorités zambiennes ont informé le Mozambique de leur décision », a précisé l’OCHA.



Le fleuve Zambèze, le quatrième plus long du continent, prend sa source en Zambie, puis traverse l’Angola avant de revenir en Zambie, où il délimite la frontière avec la Namibie et le Botswana. Il suit ensuite la frontière zimbabwéenne avant de traverser le Mozambique, où il se jette dans l’océan Indien à environ 150 kilomètres de la ville portuaire de Beira.



Saison des cyclones



D’après M. Zeelie, l’arrivée de la saison des cyclones, qui débute en janvier et se termine en mars, constitue une menace supplémentaire. Pour l’instant, il n’y a eu aucun cyclone, mais ces phénomènes météorologiques « surviennent généralement en février », et ce sont eux [les cyclones] qui provoquent le plus de dégâts ».









« Il faut tirer des leçons des inondations de 2000 au Mozambique. En effet, la majeure partie de ces inondations étaient causées par l’augmentation soudaine du niveau des principaux cours d’eau de la région. »

En 2000, des pluies torrentielles s’abattaient déjà sur l’ensemble du Mozambique depuis le 8 février au moment du passage du cyclone tropical Eline, le 22 février. Cinq jours plus tard, des crues soudaines submergeaient les terres agricoles de faible altitude et la capitale, Maputo, était en proie à de graves inondations.



« Généralement, les précipitations augmentent entre la fin janvier et la fin février (mars dans certains pays), et c’est à ce moment-là que le niveau des principaux cours d’eau monte et que les zones de faible altitude, où sont généralement situées les terres agricoles les plus productives, sont inondées », a indiqué le bureau pour l’Afrique australe de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) dans un rapport récent.



« Il faut tirer des leçons des inondations de 2000 au Mozambique. En effet, la majeure partie de ces inondations étaient causées par l’augmentation soudaine du niveau des principaux cours d’eau de la région. C’est pourquoi il faut absolument surveiller l’évolution de la situation et renforcer les mesures de prévention des catastrophes au cours des six prochaines semaines...afin d’éviter que les inondations ne provoquent une catastrophe régionale », a précisé le rapport.



« Des dizaines de milliers de personnes pourraient être déplacées ou évacuées, et des centaines de milliers d’autres pourraient être affectées par les dommages causés aux cultures et aux habitations ».



Farid Abdulkadir, responsable de la gestion des catastrophes de la FICR, a dit à IRIN que des volontaires étaient prêts à intervenir et que du matériel d’urgence, notamment des abris, des couvertures, des pastilles de chlore et des systèmes de purification de l’eau, avait été prépositionné dans l’ensemble de la région.



« Le système [de réponse aux catastrophes] est beaucoup plus développé qu’en 2000, mais nous craignons que la situation soit particulièrement critique ».



D’après M. Abdulkadir, le Mozambique, contrairement aux autres pays de la région, est confronté « dans le même temps à une triple menace » : le débordement du Zambèze et du Limpopo, qui se jette dans l’océan près de Xai-Xai, les précipitations abondantes et les cyclones en provenance de la mer.



Fortes pluies sur l’ensemble de la région



En Afrique du Sud, le Centre national de gestion des catastrophes estime que les incidents liés à la météo – inondations, foudre et tornades – ont fait 40 victimes entre la mi-décembre 2010 et le 17 janvier 2011, et que plus de 6 000 personnes ont dû être déplacées.



Au Lesotho, les fortes pluies ont endommagé les cultures et un glissement de terrain a fait quatre victimes. À Madagascar, les médias locaux ont annoncé que les précipitations abondantes avaient fait deux victimes le 6 janvier dernier dans la ville de Tuléar, dans le sud du pays.



Les médias angolais ont rapporté la mort de 11 personnes à la suite de crues soudaines dans la province de Luanda, au nord du pays, et annoncé que de fortes pluies continueraient à s’abattre sur le pays.



Les membres de l’équipe de gestion des catastrophes de l’OCHA pour la Zambie se sont récemment réunis « pour discuter de la situation et présenteront un compte-rendu des activités de préparation aux désastres. Celles-ci incluent notamment la réduction des risques d’épidémie de choléra ».



Au cours des deux dernières semaines, des pluies diluviennes se sont abattues sur l’ensemble du Zimbabwe. « Des crues soudaines ont été rapportées dans certaines régions du pays, mais il n’y a eu aucune inondation majeure pour l’instant », a indiqué l’OCHA dans son rapport.



Selon certaines indications toutefois, « les niveaux de l’eau de la plupart des cours d’eau et barrages augmentent et nombre d’entre eux atteignent leur capacité maximale, en particulier dans le nord ».



go/he – gd/amz

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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