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Les statistiques alarmantes publiées lundi par le département de la Santé sud-africain sont susceptibles de créer la confusion et de remettre en question la fiabilité des statistiques officielles précédemment publiées, selon des experts.
Selon la dernière étude de séroprévalence du VIH et de la syphilis réalisée en 2004 sur plus de 16 000 femmes enceintes en consultations prénatales, entre 6,29 et 6,57 millions de personnes vivaient avec le virus en 2004 en Afrique du Sud.
Le pays compte plus de 45 millions d’habitants, selon les Nations unies.
Ces nouvelles données du département de la Santé sont beaucoup plus élevées que les estimations publiées récemment par Statistics SA, l’agence nationale de statistiques, qui évaluait ce nombre de personnes vivant avec le VIH en 2004 à 4,5 millions.
Selon le professeur Rob Dorrington, directeur du Centre de sciences contemporaines de l’Université de Cape Town, les nouvelles statistiques du département sont “sans aucun doute trop élevées”.
“Il ne faut pas s’étonner si le public ne sait plus à quoi s’en tenir lorsque le gouvernement publie des statistiques qui présentent un écart de 2 à 2,5 millions”, a-t-il déclaré dans Business Day, un journal local.
Le département de la Santé a attribué ces variations à une différence de méthodologie: il applique une méthode conçue par les Nations unies, tandis que Statistics SA “est encore en train de perfectionner sa méthode”, selon les déclarations du docteur Lindiwe Makubalo, directeur des évaluations et de la surveillance médicale au département de la Santé, qui n’a pas détaillé cette méthode.
Dans son rapport 2004 sur l’épidémie, le programme commun des Nations unies sur le sida (Onusida) qui se fonde aussi sur des enquêtes menées auprès des femmes enceintes en consultation prénatales, avait estimé le nombre de personnes infectées au VIH fin 2003 en Afrique du Sud à 5,3 millions de personnes, soit quelque 700 000 de moins que les nouvelles statistiques.
Selon le rapport publié lundi, 29,4 pour cent des femmes enceintes examinées dans les structures de santé publiques l’année dernière étaient séropositives, contre 27,9 pour cent en 2003.
“Ce chiffre suggère qu’en dépit de la stabilisation relative du taux de prévalence du VIH ces dernières années, il y a tout de même une légère augmentation”, a observé le rapport.
Les plus touchées sont les femmes de 25 à 35 ans : près de 40 pour cent des femmes de 25 à 29 ans sont séropositives, selon le rapport. Le taux de prévalence national parmi la population adulte des 15-49 ans à la fin 2003 s’établissait à 21,5 pour cent, selon Onusida.
L’étude annuelle réalisée auprès des femmes enceintes qui bénéficient de soins prénataux dans le secteur public est considérée par les experts de la santé comme un bon indicateur de l’état de la pandémie au sein de la population sud-africaine dans son ensemble.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions