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Le PAM tire la sonnette d'alarme et craint une pénurie alimentaire dans les camps de réfugiés

Si le Programme alimentaire mondial (PAM) n’obtient le million de dollars américains sollicité auprès des bailleurs de fonds avant la fin de l’année, il ne sera plus en mesure d’apporter l’aide alimentaire d’urgence nécessaire aux quelque 65 000 personnes qui ont dû fuir le Togo ou se réfugier à l’intérieur du pays pour échapper aux violences politiques.

Dans un communiqué publié récemment par le PAM, l’agence des Nations unies a prévenu que si les fonds nécessaires n’étaient recueillis avant cette échéance, une pénurie alimentaire pourrait provoquer des troubles dans les camps de réfugiés.

Près de 40 000 réfugiés vivent dans des camps et au sein de communautés d’accueil au Bénin et au Ghana après avoir fui les violences post-électorales qui ont secoué le pays en avril. 20 000 autres personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays.

« Ces personnes n’ont virtuellement rien et la communauté internationale semble ignorer leurs besoins les plus fondamentaux », a déclaré Mustapha Darboe, le directeur régional du PAM pour Afrique de l’ouest.

Le bureau du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) au Bénin s’est aussi fait l’écho des préoccupations du PAM.

« Nous sommes très préoccupés, extrêmement préoccupés par ce problème », a déclaré à IRIN Rafik Saidi, le représentant du HCR au Bénin.

Bien que les camps de réfugiés du HCR soient calmes, beaucoup de réfugiés togolais sont mécontents de la quantité de nourriture qui leur est attribuée.

« Le PAM fournit les 2 100 calories indispensables par jour, mais les gens ont l’habitude de manger de plus grandes quantités de nourriture… le HCR fournit même certains condiments censés enrichir leur apport calorique quotidien », a déclaré Saidi.

A ce jour, le PAM n’a reçu que 410 000 dollars sur les 3 millions nécessaires pour assurer une aide alimentaire jusqu’en mars 2006.

Le rapport publié en septembre par Louise Arbour, la Commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, indiquait que 400 à 500 personnes avaient été tuées et des milliers d’autres blessées dans les semaines qui ont suivi les élections d’avril. Mais selon les résultats d’une enquête nationale, 154 personnes seraient mortes au cours des incidents post-électoraux.

Le rapport de Mme Arbour soulignait, par ailleurs, que les forces de sécurité nationales avaient fait preuve d’une violence excessive contre les manifestants de l’opposition et que la majorité des victimes avaient été tuées dans leurs propres maisons.

Les émeutes ont éclaté en février dans ce petit pays d’Afrique de l’ouest après la mort du président Gnassingbe Eyadema - qui a dirigé sans partage le pays depuis 38 ans – et la tentative d’usurpation du pouvoir par son fils, Faure Gnassingbe, soutenu par l’armée.

Face à la pression et la condamnation unanime de la communauté internationale, Faure Gnassingbe a accepté de quitter le pouvoir et d’organiser des élections. Il a remporté le scrutin, malgré les nombreuses irrégularités dénoncées par l’opposition.

La proclamation des résultats avait déclenché de violentes manifestations de la part des sympathisants de l’opposition et entraîné l’exode de milliers de Togolais vers le Bénin et le Ghana.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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