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Développer le secteur agricole dans le Sud

Baba Samuel Manoah stands in a cleared plot of land at his farm outside of Yei. Yei is in Central Equatoria State, South Sudan Jared Ferrie/IRIN
Baba Samuel Manoah stands in a cleared plot of land at his farm outside of Yei. Yei is in Central Equatoria State, South Sudan
A seulement quelques mois de la proclamation de l’indépendance, le Sud-Soudan doit non seulement investir dans les infrastructures s’il veut nourrir son peuple et lui offrir de l’emploi, mais également rechercher des solutions afin de réduire sa dépendance au pétrole, ont déclaré des analystes.

L’agriculture constitue la solution clé, et Baba Samuel Manoah, un paysan optimiste, a des projets d’envergure pour ses terres, qui n’étaient jusqu’à récemment qu’un terrain en friche. En effet, sur ses terres poussent désormais des ananas, des avocats et des bananes. En outre, Baba Samuel Manoah projette de se lancer dans les affaires en cultivant des fruits et des légumes d’une part, et en élevant du poisson et en produisant du miel, d’autre part.

Alors que son père, un député, est actif dans le monde politique, Baba Samuel Manoah, quant à lui, prévoit de retourner dans sa région natale et de devenir agriculteur à plein temps, une fois qu’il aura obtenu son diplôme universitaire à Kampala, cette année. « Tu ne peux demeurer dans un endroit développé et laisser derrière toi ta région natale non développée », a-t-il confié.

Six années de paix ont permis à la famille de Baba Samuel Manoah de récupérer certaines de ses terres, qui avaient été laissées en jachère durant la guerre. Baba Samuel Manoah envisage d’étendre les opérations et de tirer parti des marchés susceptibles de se développer rapidement dans le nouvel Etat africain.

L’agriculture offre non seulement des perspectives commerciales lucratives et des possibilités d’emploi pour la communauté, mais elle aide également à soulager les besoins criants en matière de production alimentaire, a-t-il souligné.

L’an dernier, près de 2,5 millions d’habitants du Sud-Soudan ont été confrontés à l’insécurité alimentaire, selon le Réseau de systèmes d'alerte précoce contre la famine. En outre, au cours des dix années précédentes, le nombre de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire au Sud-Soudan était 40 pour cent supérieur à la moyenne. Des responsables du Programme alimentaire mondial ont indiqué à IRIN que l’importante augmentation du nombre de personnes nécessitant une aide alimentaire correspondait à un afflux de rapatriés à l’approche du référendum sur l’indépendance qui a eu lieu en janvier.

Selon de nombreux spécialistes, le Sud-Soudan devrait être en mesure de nourrir à lui seul sa population. En effet, la région comprend de vastes superficies de terres arables. Toutefois, des décennies de conflit ont empêché le secteur agricole de se développer. A la veille de l’indépendance, qui sera proclamée le 9 juillet prochain, les experts ont déclaré que le Sud-Soudan devait concentrer ses efforts sur l’agriculture afin de nourrir son peuple et lui offrir de l’emploi.

« Globalement, l’agriculture doit être le principal moteur de la croissance économique », a insisté William Hammink, directeur pays de l’Agence Américaine pour le développement international (USAID). Il a précisé que plus de 80 pour cent de la population dépendait de l’agriculture.

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Au mois de mai dernier, l’USAID a lancé un programme quinquennal de 55 millions de dollars américains dans la « ceinture verte », qui s’étend le long des frontières sud de la région, à travers les Etats d'Equatoria occidental, oriental et central, où se trouve la ferme de Baba Samuel Manoah. Le programme prévoit la construction de routes et des formations afin de « renforcer la productivité agricole, les échanges commerciaux et les capacités des personnes travaillant dans le domaine agricole dans le Sud-Soudan, dont les producteurs et les individus des secteurs privés et publics. »

En outre, pour les responsables, en développant son agriculture, le Sud-Soudan pourrait s’affranchir de sa dépendance vis-à-vis des ventes de pétrole, qui représentent actuellement 98 pour cent des recettes publiques.

« A présent, le [gouvernement] dépend presque entièrement du pétrole », a dit William Hammink. Il a également ajouté que le gouvernement avait ressenti les effets de la crise lorsque les prix du pétrole ont chuté l’année dernière. « [Le gouvernement] a alors connu une crise budgétaire. Il avait des difficultés à payer les salaires de ses employés. »

M. Hammink a indiqué que l’agriculture ainsi que d’autres secteurs de l’économie auraient besoin d’importants investissements au niveau de l’infrastructure afin de se développer. Ainsi, l’USAID finance la construction d’une route clé qui reliera Juba, la capitale, à la frontière ougandaise. Ce projet permettra de réduire considérablement les coûts liés à l’importation des biens, a-t-il rappelé.

Toutefois, dans une région, qui, selon les estimations, compte moins de 100 kilomètres de routes goudronnées, de tels projets sont nécessaires dans tout le pays. Par exemple, Boma, une ville composée de terrains en friche et de cabanes en terre rassemblés autour d’une piste d’atterrissage non goudronnée, se situe à une soixantaine de kilomètres de la frontière éthiopienne et ses habitants n’ont accès ni à l’eau courante, ni à l’électricité, ni à un réseau de téléphonie mobile. Les biens acheminés depuis le Kenya par des camions qui ont parcouru des kilomètres sur des routes éprouvantes sont vendus à des prix prohibitifs à leur arrivée à Boma.

« Comme vous pouvez le constater, les prix des denrées alimentaires sont très élevés et la plupart d’entre nous n’ont pas d’emploi », a déclaré Elizabeth Kadai, une habitante de Boma. « Le peu d’argent que nous gagnons, nous le dépensons pour manger. Nous n’avons même pas les moyens de nous acheter des vêtements ou d’envoyer nos enfants à l’école. »

Bien que les habitants aient besoin de nourriture, le marché est relativement désert. Les produits locaux consistent principalement en des petits amas de mangues en provenance des régions montagneuses voisines. De plus, c’est la saison sèche et les récoltes s’annoncent mauvaises.

Mme. Kadai exhorte le gouvernement à fournir du matériel agricole, à dispenser des formations et à prévoir des systèmes d’irrigation afin de permettre à la population locale de produire suffisamment pour se nourrir durant toute l’année.

« Les denrées alimentaires qui sont importées des pays voisins sont extrêmement chères », a-t-elle conclu. « Si elles étaient produites localement, les prix seraient moins élevés et nous mènerions vraiment une belle vie, ici. »

jf/mw – cd/amz

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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