The New Humanitarian Annual Report 2021

  1. Accueil
  2. Afrique
  3. Afrique de l'Est
  4. Kenya

Il faut tester systématiquement la pharmacorésistance du VIH

Specimen tubes taken to detect malarial parasites at a surveillance laboratory in the Moheli island village of Wanani in the Comoros
WHO recommends that countries develop strategies for regular surveillance of HIV drug resistance (Guy Oliver/IRIN)

Un diagnostic de VIH est déjà suffisamment traumatisant, mais quand on est contaminé par une souche de VIH résistante à certains médicaments qui permettent de prolonger la vie, les options de traitement sont limitées. Une nouvelle étude révèle que la pharmacorésistance du VIH transmise est peut-être en hausse en Afrique et si la surveillance de la résistance n’est pas accentuée, avertissent les auteurs, les programmes de traitement du continent pourraient s’en ressentir.



L’étude, menée par l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI) dans cinq pays africains, a découvert que la prévalence de la pharmacorésistance transmise au Rwanda, en Ouganda et en Zambie était considérablement plus élevée que les chiffres précédents ne le laissaient supposer.



Sur les 408 personnes étudiées au Kenya, au Rwanda, en Afrique du Sud, en Ouganda et en Zambie, 19 présentaient des mutations de résistance transmise. La prévalence de la résistance s’est considérablement accrue durant l’étude en Zambie et est restée élevée durant toute la durée de l’étude d’Entebbe (Ouganda).



« La leçon à tirer de cette étude est qu’il est urgent d’établir une surveillance régulière de la pharmacorésistance, qui n’existe pas actuellement, » a dit Omu Anzala, directeur de l’Initiative kenyane pour un vaccin contre le sida, le Kavi. « Si nous pouvons repérer une résistance transmise dans une étude aussi limitée, alors on peut imaginer qu’il s’agit d’un problème bien plus fréquent.



Nous avons vu ce qui s’est passé au fil des années avec le paludisme, avec la résistance qui s’est développée contre plusieurs médicaments. Il nous faut réagir rapidement pour nous assurer que les gouvernements sont conscients [du problème] et mettent en place une surveillance de la pharmacorésistance afin d’éviter que la même chose ne se reproduise avec les ARV, » a t-il ajouté.



En 2009, le Kenya a lancé un plan quinquennal national concernant la pharmacorésistance du VIH, la prévention, le suivi et la surveillance.



Une étude indépendante menée en 2010 par la PharmAccess Foundation - une organisation non gouvernementale (ONG) néerlandaise oeuvrant dans le domaine de la santé - pour évaluer la résistance en Afrique (projet PASER), a révélé que près de 6 pour cent des patients sur le point de commencer un traitement VIH pour la première fois présentaient déjà une résistance aux ARV courants de première intention.



Au cours d’un atelier sur la pharmacorésistance du VIH qui s’est tenu en Ouganda en décembre 2010, Christine Watera, coordinatrice du Groupe de travail ougandais sur la pharmacorésistance du VIH [Uganda's National HIV Drug Resistance Working Group], a mis l’accent sur la nécessité de poursuivre la recherche, afin d’établir à l’échelle nationale une carte de la prévalence de la pharmacorésistance du VIH.



Elaboration de stratégies



L’organisation mondiale de la Santé (l’OMS) recommande que les pays mettent en place des stratégies destinées à évaluer et à prévenir la pharmacorésistance, en menant par exemple des enquêtes et en développant des mécanismes d’alerte précoce fondés sur des indicateurs comme les ruptures de stocks de médicaments et les dossiers d’observance du traitement des pati ents.


















Lire Aussi
 MONDE: Une étude révèle des failles dans le dialogue médecin-patient
 AFRIQUE/ASIE: Des taux d’échec de traitement VIH deuxième ligne inquiétants
 AFRIQUE: Six défis à la délivrance de traitement comme outil de prévention

« L’une des implications majeures de la pharmacorésistance transmise est que très souvent le régime médicamenteux de deuxième choix est plus limité dans certains de ces pays ; par exemple, il peut y avoir des problèmes avec la chaîne du froid… ce qui rend le traitement plus délicat, » a dit Matt Price, l’auteur principal de l’étude de l’IAVI.

« Les gouvernements doivent fournir le soutien nécessaire et garantir que les patients aient droit à un suivi adéquat, de façon à pouvoir changer de médicaments si leur traitement commence à ne plus être efficace, » a t-il ajouté « La détection précoce de l’échec chez un patient est cruciale, de même que le conseil régulier et le comportement de réduction des risques. »



M. Price a noté qu’en théorie, les résultats de l’étude pourraient avoir un impact sur le traitement utilisé comme prévention que l’ONUSIDA est en train de promouvoir avec sa nouvelle stratégie du Traitement 2.0.



“Si j’utilise une PrEP [prophylaxie pré-exposition] et que je suis exposé à une souche de VIH résistante au médicament que je prends, il se peut que j’aie un plus grand risque d’être infecté que si j’étais exposé à une souche non-résistante,” a t-il dit. « Mais la recherche dans ce domaine doit être approfondie… Nous ne savons pas encore grand chose à propos de la résistance dans le traitement utilisé comme prévention. »



kr/cb – og/amz

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Right now, we’re working with contributors on the ground in Ukraine and in neighbouring countries to tell the stories of people enduring and responding to a rapidly evolving humanitarian crisis.

We’re documenting the threats to humanitarian response in the country and providing a platform for those bearing the brunt of the invasion. Our goal is to bring you the truth at a time when disinformation is rampant. 

But while much of the world’s focus may be on Ukraine, we are continuing our reporting on myriad other humanitarian disasters – from Haiti to the Sahel to Afghanistan to Myanmar. We’ve been covering humanitarian crises for more than 25 years, and our journalism has always been free, accessible for all, and – most importantly – balanced. 

You can support our journalism from just $5 a month, and every contribution will go towards our mission. 

Support The New Humanitarian today.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join