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Princey Mangalika : « On a brûlé ma maison parce qu’on pensait que j’étais infectée par le VIH »

Princey Mangalika is director of the Positive Women's Network in Sri Lanka, an NGO working to assist women and families living with HIV
Princey Mangalika has come a long way since 2001 (David Swanson/IRIN)

Il y a peu de témoignages positifs de personnes vivants avec le VIH au Sri Lanka, mais celui de Princey Mangalika est une exception.



Depuis qu’elle a appris qu’elle était séropositive en 2001, elle a fait du combat contre la stigmatisation liée au VIH une croisade personnelle ; elle est responsable du Réseau des femmes séropositives (Positive women Network), l’une des rares ONGs qui apportent un soutien aux quelque 3 000 personnes vivant avec le VIH dans le pays.



« Lorsque mon mari est mort du SIDA en juillet 2001, je n’avais jamais entendu parler de cette maladie, et encore moins du VIH. Je ne connaissais pas le mot stigmatisation. Mon mari avait travaillé en Allemagne pendant six ans et moi, je ne connaissais pas grand-chose sur le sujet. Après tout, j’étais une femme au foyer qui s’occupait de ses deux petites filles.



« Cependant, tout a changé lorsqu’il est tombé malade et que les médecins ont commencé à me poser beaucoup de questions – des questions difficiles auxquelles je n’avais tout simplement pas de réponses.



« Ils ont insisté pour que je me fasse dépister, mais j’ai refusé et je suis rentrée au village pour m’occuper de mon mari.



« Mais à mon retour, je me suis rapidement rendu compte que tout avait changé. Une fois que mes voisins ont eu connaissance de l’état de santé de mon mari, ils nous ont demandé de partir. Ils nous ont dit que nous étions tous "infectés" et qu’on représentait un risque pour leur famille.



« Le magasin du quartier refusait de nous vendre quoi que ce soit, et les autres ont demandé à ce que nous retirions nos enfants de l’école de peur que leurs enfants soient à leur tour infectés.



« Mon mari, qui avait peur de ce qui pourrait se passer ensuite, nous a envoyées, moi et nos deux filles, dans le village où vit ma famille.



« Cependant, peu de temps après mon départ, mon mari est tombé dans une grave dépression. On l’a retrouvé quatre jours plus tard à l’extérieur d’un temple bouddhiste ; il avait ingéré une dose mortelle de poison.



« Les médecins n’ont pas pu le sauver. Lorsque j’ai voulu le faire enterrer dans son village, mes voisins ont une fois de plus refusé et j’ai dû le faire enterrer à Colombo. Les médecins ont donné des instructions strictes : sa tombe devait être creusée à une profondeur minimum de 2,7 mètres.



« De retour dans notre village, j’avais espéré que les choses s’arrangeraient, mais j’ai dû faire face à l’hostilité des gens. Une fois de plus, les gens que je connaissais depuis des années me regardaient différemment et se comportaient différemment. Ils avaient peur. Je pouvais le voir dans leurs yeux, mais je ne comprenais pas pourquoi. Pendant plusieurs jours, ils m’ont crié dessus ou ont glissé des menaces de mort sous notre porte – ils voulaient nous faire partir. Ils m’ont même jeté des pierres, mais j’ai tenu bon.



« Et puis une nuit, je me suis réveillée en criant et je me suis rendu compte qu’ils avaient mis le feu à la maison. Mes voisins ont brûlé ma maison, parce qu’ils pensaient que j’étais infectée par le VIH.



« Peu de temps après j’ai passé le test de dépistage et j’ai découvert la vérité ».



ds/mw – gd/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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