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Historique du débat sur les partenaires multiples concomitants et le VIH

A billboard in Kampala, Uganda, promoting faithfulness
(Zoe Flood/IRIN)

Alors que le débat sur le rôle des partenariats multiples et concomitants (MCP, en anglais) dans la propagation de l’épidémie de VIH en Afrique s’échauffe, IRIN/PlusNews retrace l’évolution de la théorie des MCP.



1982 – En Ouganda, le premier cas de VIH est identifié sur les rives du lac Victoria.



1986 – La guerre civile prend fin en Ouganda et le pays met en œuvre son premier programme national de prévention du VIH dont le slogan, « zero grazing », a pour objectif de promouvoir la fidélité et la réduction du nombre de partenaires sexuels. Il s’agit en réalité de la première campagne sur les MCP au monde.



1992 – Les épidémiologistes britanniques Robert May et Charlotte Watts avancent l’hypothèse selon laquelle les relations concomitantes à long terme pourraient favoriser la propagation du VIH.



À cette époque, Christopher Hudson s’intéresse à la question de la concomitance alors qu’il traite des patients atteints d’infections sexuellement transmissibles (IST) à Londres. Il émet l’hypothèse selon laquelle les MCP pourraient expliquer la prévalence élevée des IST de courte durée, comme la gonorrhée, au sein de quelques-uns de ses groupes de patients. Il avance l’idée que si les patients s’étaient engagés dans une relation monogame à long terme, les infections de courte durée auraient disparu au sein de ces communautés de Londres. La présence persistante de la maladie chez des personnes appartenant à certains réseaux sexuels pourrait s’expliquer par le fait que des personnes infectées par la gonorrhée ont eu des partenaires multiples durant leur courte période contagieuse.



1993 – La chercheuse Martina Morris, qui s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle les taux élevés de VIH en Afrique sont alimentés par les populations à « risque élevé » comme les travailleurs du sexe et les chauffeurs routiers, conçoit un modèle mathématique afin de prévoir la propagation du VIH dans une population et se rend en Ouganda afin de le tester. À son arrivée dans le pays, elle rencontre des médecins locaux qui la convainquent rapidement que le modèle ne sera pas pertinent s’il ne prend pas en compte les MCP. Mme Morris collecte des informations sur le passé sexuel de plus de 1 000 Ougandais, relevant non seulement le nombre de partenaires sexuels, mais aussi la concomitance. Environ 35 pour cent des personnes interrogées ont dit qu’au moins deux de leurs relations les plus récentes s’étaient chevauchées sur plusieurs mois ou plusieurs années. Par la suite, elle mène également une étude similaire en Thaïlande et aux États-Unis.



Plus tard, elle fait équipe avec la mathématicienne Mirjam Kretzschmar afin d’élaborer un nouveau modèle permettant de comparer la propagation du VIH au sein de deux populations hypothétiques : l’une avec des relations concomitantes fréquentes et l’autre où la monogamie sérielle est la norme. Elles ont découvert que le VIH se propageait 10 fois plus vite dans la première population.













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2003
- George W. Bush, président des États-Unis, lance le Plan d’urgence du président américain pour la lutte contre le sida (PEPFAR) qui met principalement l’accent sur l’abstinence en se basant sur l’idée selon laquelle le VIH se propage principalement chez les jeunes qui ont des relations sexuelles occasionnelles plutôt que chez les personnes plus âgées qui sont engagées dans des relations à long terme. Grâce à des fonds américains, l’Ouganda étend le programme de prévention du VIH aux écoles. Intitulée Initiative présidentielle sur les stratégies de communication sur le sida pour les jeunes (PIASCY), la campagne prône l’abstinence jusqu’au mariage.



2004 –Daniel T. Halperin, anthropologue, et Helen Epstein, écrivain et scientifique, publient leur premier article sur les MCP dans le journal médical The Lancet.



2006 – En 2006, lors du sommet de la Communauté de développement de l'Afrique australe à Maseru, au Lesotho, les MCP sont identifiés comme l’un des facteurs clés de l’épidémie de VIH dans la région, tout comme le faible taux de circoncision masculine et l’utilisation irrégulière du préservatif.



2008 – Selon ONUSIDA, la prévalence du VIH en Ouganda commence à croître. Dans son rapport annuel, ONUSIDA note en effet que les nouvelles infections au VIH sont plus fréquentes chez les personnes qui sont engagées dans une relation à long terme dans laquelle l’un des partenaires ou les deux partenaires ont des relations sexuelles avec d’autres partenaires en même temps.



Pendant ce temps, les MCP sont au cœur de quatre programmes sur le VIH en Afrique de l’Est et en Afrique australe. L’objectif est de réduire les infections en insufflant un changement général de comportement. Les campagnes incluent notamment OneLove, une initiative régionale mise en place dans neuf pays d’Afrique australe.



2009 – Un débat animé s’amorce entre les partisans de la théorie des MCP, comme M. Halperin et Mme Epstein, et ses détracteurs, comme Mark Lurie, un épidémiologiste social qui travaille aux États-Unis, et Samantha Rosenthal, une chercheuse dans le domaine de la santé publique, et continue à faire rage dans les publications universitaires.



llg/ks/gd/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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