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Former les travailleurs de la santé à sensibiliser les personnes séropositives sur le VIH

[Kenya] A nurse prepares ARVs for a patient at an HIV/AIDS clinic run by MSF in Homa Bay town, western Kenya. [Date picture taken: 10/23/2005]
John Nyaga/IRIN
Les travailleurs de la santé kenyans ratent l’occasion de prévenir la transmission du VIH car ils n’ont ni les compétences, ni les connaissances nécessaires pour conseiller les personnes séropositives, selon les spécialistes.

« Les travailleurs de la santé ont certaines idées fausses au sujet des personnes vivant avec le VIH... nombre d’entre eux n’ont pas été formés à transmettre des messages aux personnes déjà infectées », a expliqué Ann Okoth, infirmière du secteur public à Bondo, un district de l’ouest du Kenya. « Alors, les personnes séropositives se présentent [aux centres de santé] et les travailleurs de la santé perdent l’occasion qu’ils ont de leur donner des informations ».

« Les formations et les conseils dispensés aux travailleurs de la santé qui s’occupent de personnes séropositives sont très importants pour améliorer le comportement des gens en matière de recours aux soins de santé, et pour assurer ainsi l’efficacité des efforts de prévention déployés dans le cadre des programmes [VIH] ».

En effet, selon un rapport publié en 2008 par le Centre pour les droits reproductifs et la Fédération des avocates du Kenya, les expériences de soins négatives peuvent dissuader les femmes séropositives de consulter.

Entre autres violations, les femmes vivant avec le VIH sont souvent renvoyées chez elles lorsqu’elles se présentent aux centres de santé publique, ou isolées dans une zone de l’hôpital, loin des autres patients ; elles sont souvent réprimandées pour être enceintes ou pour avoir des rapports sexuels, et se voient fréquemment refuser l’accès à la contraception, au planning familial et aux services de maternité, peut-on lire dans le rapport.

La formation

Des directives nationales de promotion de la prévention chez les personnes vivant avec le VIH ont été publiées en mai et le gouvernement collabore désormais avec le JHPIEGO, une organisation non gouvernementale (ONG) rattachée à l’université Johns Hopkins, en vue de former les travailleurs de la santé de l’ensemble du pays à transmettre à leurs patients séropositifs des messages relatifs à la prévention.

« Par exemple, lorsqu’on teste une mère qui s’est présentée à la clinique pour recevoir des soins prénataux, il faudrait, en priorité, l’inciter à amener son partenaire pour qu’il se fasse dépister lui aussi, et les aider à en parler, et à prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant », a expliqué Tom Marwa, responsable technique VIH/SIDA du JHPIEGO.

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A ce jour, 1 940 professionnels de la santé (infirmiers, responsables cliniques, conseillers et nutritionnistes) ont été formés au conseil, à la prévention des grossesses non désirées, et au dépistage et au traitement des infections sexuellement transmissibles.

Au Kenya, selon une étude réalisée en 2004, révéler son statut VIH à son partenaire entraîne un quadruplement de l’utilisation déclarée des préservatifs, mais selon le JHPIEGO, avant la formation, 69 pour cent des prestataires de services VIH du Kenya ne conseillaient pas à leurs patients séropositifs de dévoiler leur statut, et 32 pour cent d’entre eux ne leur parlaient pas de la prévention du VIH. Par la suite, 80 pour cent des centres de santé visités proposaient des services de prévention accompagnés de messages positifs.

Le conseil conjugal

Leonida Ojuok est une des patientes de l’hôpital régional de Bondo qui a bénéficié de cette formation. Lorsqu’elle a été déclarée séropositive à la suite d’une consultation prénatale de routine, elle était terrifiée à l’idée d’en parler à son mari. En effet, lorsque le résultat du test de dépistage du VIH est positif, l’époux demande souvent le divorce et jette sa femme hors du foyer conjugal.

« J’ai dit à l’infirmière que je n’allais rien dire à mon mari car il me tuerait... mais elle m’a simplement répondu de lui dire de venir à la prochaine consultation », a-t-elle raconté à IRIN/PlusNews. « Lorsque nous sommes venus ensemble, elle nous a parlé et nous a testés ».

« J’ai dit à l’infirmière que je n’allais rien dire à mon mari au sujet de ma séropositivité car il me tuerait... mais elle m’a simplement répondu de lui dire de venir à la prochaine consultation »
« Et puis, elle l’a dit à mon mari : moi, j’étais séropositive, mais lui ne l’était pas. Je suis contente que l’infirmière l’ait convaincu de me soutenir... même aujourd’hui, nous sommes venus ensemble à la clinique ».

Détecter les séropositifs

« On ne devrait pas uniquement s’intéresser aux personnes dont le statut est déjà connu et aux programmes d’ART [thérapies antirétrovirales, qui permettent de prolonger l’espérance de vie des patients] ou autre type d’aide », a préconisé M. Marwa. « Il y a aussi des "positifs sains" qui sont en train de contribuer à la propagation du virus sans le savoir ».

Selon les résultats du rapport 2010 sur la révision systématique des interventions comportementales ciblées sur les personnes séropositives, menées dans les pays en développement, ces interventions sont utiles non seulement pour diffuser des messages sur la prévention du VIH, mais aussi pour détecter les personnes positives.

D’après les estimations officielles, 83 pour cent des personnes qui ont contracté le VIH ne connaissent pas leur statut.

De nombreuses personnes séropositives ayant des contacts limités avec les centres de santé, ont noté les auteurs du rapport, il serait important d’intervenir au-delà de l’enceinte des cliniques, au cœur même des communautés.

ko/kr/ks/mw/nh/np

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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