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« Tu découvres très vite qui sont tes amis »

HIV positive mother of three Rahma Hirsi, 29, clutches the ARV drugs she receives at the Hargeisa Group Hospital in Hargeisa, Somaliland, August 2007. Casey Johnson/IRIN
Dans la société musulmane conservatrice de Somalie, il est extrêmement rare pour une personne vivant avec le VIH de dévoiler son statut sérologique, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une femme. Mais Halima*, une réfugiée somalienne au Kenya âgée d’une cinquantaine d’années et mère de quatre enfants, a raconté son histoire à IRIN/PlusNews.

« J’ai découvert que j’étais séropositive en 2009. J’étais soignée pour une tuberculose lorsque l’on m’a conseillé de me rendre dans un CDV [centre de conseil et dépistage volontaire du VIH] et de faire un test. Quand les résultats sont arrivés, on m’a informée que j’étais séropositive.

« Au début, j’étais effondrée – tout ce que je savais sur cette maladie était qu’elle était incurable et que quiconque la contractait mourait. Je soupçonne que c’est mon ex-mari qui me l’a transmise. Il est actuellement en Somalie, et on m’a dit qu’il était malade.

« Au début, je ne l’ai dit à personne par peur que mes enfants et moi soyons [rejetés]. Heureusement, tous mes enfants ont été dépistés négatifs.

« Lorsque quelque chose comme ça t’arrive, tu découvres très vite qui sont tes amis. Tout le monde a peur de toi. J’ai dû déménager au moins quatre fois parce que je ne pouvais pas supporter la discrimination de la part des autres.

« Les gens ici pensent que s’ils te parlent, ils vont attraper la maladie ; il y a tant d’ignorance.

« Le pire est que même les personnes qui sont traitées pour la maladie ne reconnaîtront pas qu’elles le sont. Je les croise au CDV et toutes ces personnes prétendent qu’elles sont là pour quelque chose d’autre. Au lieu de se soutenir les uns les autres, on se fuit les uns les autres. C’est triste.

« Si vous me posez la question, le plus gros problème auquel on soit confronté est l’ignorance et la stigmatisation. La discrimination m’inquiète, mais je veux parler ouvertement.

« Je voudrais voir des campagnes de sensibilisation qui ciblent les jeunes et les femmes. Je veux qu’ils sachent comment se protéger – nous ne devons pas nous enfouir la tête dans le sable comme des autruches.

« Je suis maintenant sous traitement et je vais bien, mais j’ai besoin de plus d’aide. Ici [dans le camp de réfugiés de Dadaab dans le nord-est du Kenya], nous recevons seulement des médicaments, rien d’autre. Nous avons besoin d’aide pour nous procurer une alimentation appropriée.

« Franchement, au départ, je ne pensais pas que je vivrais, mais aujourd’hui je suis là et je veux faire ce que je peux pour aider mes enfants, et d’autres comme eux, à rester en bonne santé. Peut-être que si les gens entendent mon histoire, alors d’autres en bénéficieront. C’est pour cela que je parle ouvertement ».

* Un nom d’emprunt

ah/he/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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