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Les enfants en difficulté dans un orphelinat de fortune

IDP camp in Port-au-Prince
They should be in class (Tamar Dressler/IRIN)

Mami George, professeur à la retraite, est assise dans la cour du petit orphelinat qu’elle dirige à Sainte-Marie, dans la capitale, Port-au-Prince. Cette zone, qui comptait autrefois 2 000 habitants, accueille aujourd’hui environ 6 000 personnes ayant perdu leurs maisons lors du tremblement de terre de janvier.



Mme George a commencé à nourrir les orphelins qui vivaient dans la rue près du site, et en quelques jours, elle s’est retrouvée à s’occuper de plus de 50 enfants âgés de trois à 15 ans.



Depuis le séisme, seulement 500 orphelins ont été enregistrés auprès des différentes organisations locales et internationales présentes en Haïti, ce chiffre ne prenant pas en compte ceux qui vivaient déjà dans des orphelinats avant la catastrophe. D’après des travailleurs sociaux locaux, la plupart des enfants ayant un parent vivant ont été pris en charge par ce parent, ce qui explique pourquoi les orphelins enregistrés sont relativement peu nombreux. En revanche, les enfants dont s’occupe Mme George n’ont plus personne.



Ces enfants vivent sous des tentes données par des volontaires français, dans une petite enceinte où ils sont pris en charge par une équipe d’assistants locaux. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies distribue chaque jour dans le camp des portions de bouillie ou de riz et haricots contenant 1 300 calories chacune, ce qui suffit à maintenir les enfants en vie, mais pas à calmer leurs ventres tiraillés par la faim.



Dans le cadre d’un plan de distribution alimentaire du PAM, 900 autres repas sont distribués aux écoliers du site. Ce programme prévoit de distribuer des repas chauds à quelque 170 000 écoliers à l’échelle nationale. Les écoles publiques sont fermées jusqu’au 1er avril, mais des ONG (organisations non gouvernementales) ont mis en place des écoles de fortune dans certaines zones. En attendant la réouverture des établissements, plus d’un million d’enfants n’ont pas accès à l’école.



Enfants stressés



Plus de deux mois après le tremblement de terre, personne n’est venu chercher aucun des enfants pris en charge par Mme George.



Les enfants sont stressés, a dit Mme George, montrant plusieurs matelas en train de sécher sur un toit, non loin de là. Certains enfants ont recommencé à mouiller leur lit suite au tremblement de terre.



Des volontaires de différents pays, qui viennent visiter l’orphelinat une ou deux fois par semaine, sont une véritable attraction pour les enfants. Sans jouets ni terrain de jeux, chaque visite est une distraction bienvenue. « Nous nous débrouillons avec ce que nous avons, mais nous avons besoin d’alèses en plastique, de vêtements, de goûters, de jouets », a dit Mme George à IRIN.



L’équipe compte 19 volontaires qui se relaient par tranche de 12 heures, tous les jours de la semaine, mais qui ne sont pas capables de répondre aux besoins psychologiques des enfants, et les psychologues haïtiens locaux sont rares.



L’Organisation internationale pour les migrations a créé un groupe psychosocial pour les ONG qui doivent gérer le stress post-traumatique des populations, mais il est difficile de toucher 1,3 million de personnes vivant dans 400 sites temporaires. Les enfants devront attendre – de l’aide, des vêtements, la réouverture des écoles.



td/mw/oa/il/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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