Ce message pourrait être pris pour une conférence de sensibilisation au HIV, mais il fait partie d’un sermon délivré par le cheikh Harun Rashid, un érudit musulman à la mosquée d’Isiolo Jama dans la province du Kenya oriental.
Au Kenya, les responsables religieux ont souvent été en désaccord avec les activistes de la lutte contre le VIH et leurs messages, certains déclarant même « la guerre » aux préservatifs. Mais une nouvelle stratégie, intitulée « Twaweza », qui signifie « Nous pouvons » en Swahili, a pour objectif d’inciter les responsables religieux influents à rejoindre la lutte contre le VIH en les encourageant à diffuser des messages sur le VIH tout en demeurant fidèles à leurs principes religieux.
« Le projet Twaweza engage des dirigeants religieux influents, des enseignants et des anciens des communautés ; tous les segments de la population sont impliqués dans le programme, qui cherche à changer les comportements à risque et utilisent des canaux de communication efficaces », a dit Ibrahim Mohamed, le coordinateur du programme pour le AIDS Population and Health Integrated Assistance dans la province Nord-Est du Kenya (APHIA II-NEP), une initiative conjointe du gouvernement et de l’USAID (l’agence américaine pour le développement international).
Twaweza – qui fonctionne depuis le mois d’août – fait partie d’un effort de prévention plus large dans la région, qui cherche à sensibiliser au VIH par des moyens adaptés aux spécificités culturelles. Par exemple, des clercs musulmans ne sont pas censés délivrer des prêches sur l’utilisation des préservatifs, mais ils peuvent parler des aspects de la prévention du VIH qui sont en accord avec les enseignements islamiques. Le programme utilise des textes islamiques pour encourager la communauté à ne pas prendre de risques sexuels.
Compromis
« Le Coran – le livre sacré de l’Islam – et les Hadiths – les pratiques du prophète Mohamed – sont tous les deux clairs au sujet du besoin de montrer de la compassion aux gens qui sont malades et de chercher un traitement pour des problèmes de santé », a dit Abdullahi Mahat Daud, directeur adjoint du APHIA II-NEP. « L’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage sont aussi requises ».
Dans la région, les responsables musulmans disent qu’ils apprécient le fait que les nouveaux efforts réalisés pour les intégrer à la lutte contre le VIH ne les pressent pas de promouvoir un comportement qu’ils désapprouvent. « Un cheikh serait considéré comme fou ou risquerait même d’être tué s’il encourageait l’utilisation des préservatifs dans une mosquée…Il était impossible d’obtenir notre soutien avec ce genre de campagne », a dit Cheikh Hussein Mahat, un officiel du National Muslim Leaders’ Forum (Conseil national des leaders musulmans) de la province.
Plusieurs imams ont dit à IRIN/PlusNews qu’ils étaient maintenant activement impliqués dans l’information de la communauté au sujet de la transmission du VIH, de la protection, du fait d’accepter l’existence de la pandémie et de la recherche d’assistance pour ceux qui sont infectés ou affectés.
Message de campagne
La campagne utilise des T-shirts imprimés seulement sur le devant de peur que dans les mosquées, les messages imprimés dans le dos ne puissent distraire les gens du prêche. Les femmes reçoivent des sacs imprimés et des parapluies plutôt que des T-shirts, qui pourraient être recouverts par la robe traditionnelle musulmane.
« Nous ne pouvions pas utiliser des lesos [châles] ou écrire des messages de sensibilisation sur des hijabs [robe traditionnelle musulmane pour les femmes] car ce n’est bien pour les gens de lire ce qui est écrit sur les vêtements d’une femme qui passe », a dit Ibrahim Hassan Abdi, le coordinateur de la communication pour le changement des comportements de APHIA II-NEP.
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Bien que la province du Nord-Est ait le taux de prévalence le plus bas du pays, s’élevant à juste 1 pour cent, des recherches dans la ville de Garissa au Nord-Est et dans la banlieue de Eastleigh dans la capitale Nairobi – largement habitée par des habitants du Nord-Est – ont trouvé de hauts niveaux de comportements sexuels à risque ; 22 pour cent des hommes qui ont répondu et 35 pour cent des femmes qui ont répondu à Garissa s’étaient engagés dans des relations sexuelles tarifées, avec neuf pour cent des hommes interrogés et 14 pour cent des femmes interrogés ayant été forcés d’avoir des relations sexuelles.
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