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Santé sexuelle – les hommes prennent leurs responsabilités

[South Africa] Taking The Initiative: But male AIDS treatment numbers are still lagging. [Date picture taken: 01/13/2005]
(Mujahid Safodien/PlusNews)

Dans le contexte de l’épidémie de VIH/SIDA en Afrique subsaharienne, les femmes sont souvent présentées comme les victimes, et les hommes comme les coupables, incapables de n’avoir qu’une seule partenaire ou de prendre leurs responsabilités en matière de santé sexuelle.



Et si les hommes étaient victimes, tout autant que les femmes, des normes sociales qui définissent la virilité ? Et s’ils étaient prêts à changer d’attitude, et à persuader d’autres hommes d’en changer aussi ?



Au MenEngage Africa Symposium, qui s’est tenu la semaine dernière à Johannesbourg, en Afrique du Sud, les intervenants ont débattu des moyens d’aider les hommes à y parvenir, et à participer ainsi à l’éradication des deux épidémies jumelles du continent : la violence sexiste et le VIH.



« Quand nous parlons d’une épidémie féminine, nous commettons une erreur, car nous excluons les hommes de nos interventions », a commenté Mandla Ndlovu, gestionnaire de programme pour la campagne « Brothers for Life », lancée récemment.



Cette initiative, qui s’appuie sur un partenariat entre Johns Hopkins Health and Education in South Africa (JHHESA), l’USAID (l'Agence américaine d'aide au développement international) et le Sonke Gender Justice Network, vise à susciter un mouvement d’hommes « bons » qui encourageraient leurs pairs à assumer davantage leurs responsabilités concernant leur santé et celle de leurs partenaires.



Une présentation a montré que les hommes « bons » pourraient être plus nombreux que ce que l’on imagine. Dans le cadre d’une enquête sur les partenaires multiples, menée récemment à quatre endroits différents en Afrique du Sud, 74 pour cent des hommes interrogés ont déclaré n’avoir eu qu’une seule partenaire sexuelle au cours des douze derniers mois.



« On observe que la prévalence des hommes ayant des partenaires multiples est relativement élevée, mais qu’elle ne constitue pas pour autant une norme, comme cela a pu être suggéré », a indiqué Sarah Laurence, de Health & Development Africa (HDA), le cabinet de conseil spécialisé dans le secteur de la santé qui a mené cette étude pour le compte de JHHESA.



Dans des pays où la prévalence du VIH est élevée, comme l’Afrique du Sud, les hommes sont certes moins touchés par l’épidémie que les femmes, mais ils sont tout de même loin d’être invulnérables : 24 pour cent des hommes sud-africains âgés de 25 à 49 ans vivent avec le virus.



Chez les hommes, qui ont beaucoup moins tendance que les femmes à demander un dépistage, un traitement et un soutien, les conséquences du VIH et d’autres maladies chroniques sont souvent plus dramatiques, d’après le Dr François Venter, directeur de la Southern African HIV Clinicians Society.





















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M. Venter a demandé aux délégués de ne pas se contenter de condamner les hommes pour leur relative indifférence aux questions de santé, mais plutôt de réfléchir aux raisons expliquant ce comportement. Certains intervenants ont insisté sur le fait que les hommes étaient socialement conditionnés pour considérer la maladie comme un signe de faiblesse, et avaient donc tendance à percevoir le diagnostic de séropositivité comme une humiliation portant un coup à leur idéal de force masculine. Quant à M. Venter, il a suggéré que l’on pouvait également reprocher aux services de santé publique en Afrique du Sud de ne pas répondre aux besoins spécifiques des hommes, et de ne pas donner la priorité à des interventions telles que la circoncision masculine, qui pourraient réduire leur risque d'infection au VIH. « Comment pouvons-nous espérer que les hommes modifient leurs comportements si les politiques de santé publique les laissent de côté ? », a-t-il demandé.



La campagne « One Man Can » – lancée par Sonke Gender Justice à la fin 2006, et dont l’objectif était d’aider des hommes et des adolescents à devenir les défenseurs de l’égalité des genres et à participer activement aux stratégies de réponse au VIH/SIDA – a déjà démontré que les hommes étaient capables de changer de comportement et d’attitude.



Le Dr Chris Colvin a présenté une évaluation de l’impact de la campagne, s’appuyant sur des entretiens avec 265 hommes participants. D’après les résultats obtenus, 75 pour cent des hommes interrogés avaient augmenté leur utilisation de préservatifs, 23 pour cent avaient participé à des programmes de conseil et de dépistage volontaires du VIH, et 83 pour cent de ceux qui avaient assisté à des actes de violence sexiste les avaient signalés.



ks/he/il

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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