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Large variation des prix des ARV d’un pays à l’autre

Drugs.
Using ARVs to prevent HIV infection is another technique being developed. (World Vision)

De nombreux pays luttent pour financer les antirétroviraux (ARV) de tous ceux qui en ont besoin, mais selon les conclusions d’une nouvelle étude, ces médicaments, qui permettent aux personnes infectées de vivre plus longtemps, coûtent jusque trois fois plus cher à certains pays qu’à d’autres, aux taux de prévalence et aux niveaux de revenus semblables.



En 2007, le Nigeria payait 334 dollars par patient et par an pour un ensemble d’ARV de première intention qui ne coûtaient que 95 dollars au Congo. Tous deux sont des pays à revenus faibles, mais le Nigeria présente un taux de prévalence du VIH plus élevé, à 3,1 pour cent, contre 1,2 pour le Congo.



Un document de travail publié la semaine dernière par le projet SIDA2031 tire parti de l’expertise internationale pour envisager les stratégies les plus efficaces à adopter, à long terme, face à l’épidémie de VIH/SIDA, et déterminer les raisons pour lesquelles le prix des ARV varie autant d’un pays à l’autre, en suggérant différentes méthodes pour rendre ces médicaments plus abordables.



Bien que le prix des ARV de première intention ait considérablement baissé ces 10 dernières années, ces médicaments restent en effet difficilement abordables pour les pays à faibles revenus et à la charge de VIH importante, dont bon nombre souffrent des conséquences de la récession mondiale qui touche les pays donateurs.



Environ quatre millions de personnes ont accès aux ARV dans le monde, sur les quelque 10 millions de personnes qui en auraient besoin, un nombre qui devrait augmenter pour atteindre environ 22 millions d’ici à 2015.



En outre, un nombre de plus en plus élevé de personnes vont développer une résistance aux ARV de première intention et auront besoin de se voir administrer des traitements de deuxième intention, qui coûtent actuellement au moins neuf fois plus cher.



Les auteurs du document de travail se sont intéressés aux différences de prix relevées entre 2005 et 2008 pour 12 ARV, en déterminant quelques-uns des facteurs clés qui expliquent ces différences.



Notamment, les entreprises pharmaceutiques utilisent de longue date une échelle mobile pour fixer les prix des médicaments ARV en fonction du statut socioéconomique du pays ; un facteur qui n’explique toutefois pas à lui seul les différences de prix constatées.



La capacité de la Clinton HIV/AIDS Initiative (CHAI) à négocier des réductions de prix au nom de ses Etats membres, en particulier sur les médicaments de deuxième intention, fait également partie des facteurs définis.



Le choix entre les ARV de marque et les génériques joue également un rôle important ; des lois strictes sur les brevets interdisent en effet à certains pays d’acheter des médicaments génériques.



L’accord sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), défini par l’Organisation internationale du travail, permet néanmoins aux pays d’outrepasser les brevets (pour des besoins de santé publique) en délivrant des « licences obligatoires » permettant la fabrication générique de médicaments encore brevetés.



Toutefois, peu de pays en voie de développement ont exercé ce droit, invoquant un manque de moyens et de savoir-faire juridique pour négocier les documents administratifs complexes requis, et les pressions politiques des gouvernements étrangers.



Etonnamment, la quantité de médicaments achetée par un pays n’influe pas considérablement sur le prix de ces médicaments : les pays à forte prévalence qui achètent de grandes quantités d’ARV les paient souvent plus cher que les pays à faible prévalence.



« D’un côté, le volume confère aux pays un pouvoir de négociation », selon les auteurs. « D’un autre côté, si le volume est plus important, cela signifie que davantage de personnes réclameront un traitement, et que les pays, confrontés à la pression politique, doivent répondre à ce besoin, ce qui peut réduire leur pouvoir de négociation ».



Le document recommande diverses stratégies à adopter pour assurer que tous les pays obtiennent leurs ARV au meilleur prix possible : renforcer la capacité des pays à faibles revenus à tirer parti des licences obligatoires et fournir une assistance technique à la production d’ARV génériques pourrait permettre de stimuler la concurrence entre les fabricants ; améliorer l’efficacité de production et acheter des substances actives moins chères permettrait de réduire les coûts de fabrication.



Les auteurs notent également que les prix des ARV de première intention ne diminueront probablement pas bien davantage, mais que l’on dispose d’une marge importante de réduction des prix sur les médicaments de deuxième intention.



« Bien plus de patients pourraient être soignés si ?le prix de? la thérapie de deuxième intention se rapprochait davantage des coûts de fabrication », ont-ils commenté. « Réduire le prix de la thérapie de deuxième intention devrait rester prioritaire ».



ks/he/nh/ail

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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