1. Accueil
  2. Afrique
  3. West Africa
  4. Niger

Allaitement – la faim se transmet, le lait moins

Nafissa Haboubacar with her two-month-old baby at an intensive care nutrition centre, Zinder, Niger
(Phuong Tran/IRIN)

Alors que les professionnels de la santé recommandent aux femmes nigériennes de nourrir leurs enfants exclusivement au sein jusqu’à l’âge de six mois afin de renforcer leurs défenses immunitaires et d’éviter la malnutrition, certaines mères ne sont pas en mesure de suivre ces conseils, car elles sont elles-mêmes en mauvaise santé.



Dans un centre de soins intensifs en nutrition destiné aux enfants souffrant de malnutrition sévère, et dirigé par l’ONG Médecins sans frontières (MSF) à Zinder, la deuxième ville du pays, située à 900 km de la capitale, se tient Nafissa Haboubacar, qui berce son bébé de deux mois, adossée à un mur. « Je n’ai plus de lait », a raconté cette mère. « Je crois que je suis malade, mais je ne sais pas ce que j’ai ».



Les médecins du service ont expliqué que l’une des priorités du centre était d’augmenter la quantité de lait maternel donnée aux nourrissons. Nicolas Peyraud, le médecin de MSF présent, a dit à IRIN que la gastroentérite constituait l’une des principales causes de mortalité infantile. « Le lait maternel est un vaccin naturel. Mais malheureusement, certaines femmes ne peuvent pas allaiter ».



Mme Haboubacar a expliqué à IRIN que, même si elle aimerait allaiter son enfant, elle n’était pas sûre de le pouvoir. « Parfois, quand je me réveille, je ne prends ni petit-déjeuner, ni déjeuner. Donc je ne sais pas trop d’où le lait pourrait venir… »



Karki Roumatou Adamou Arowa, du point focal du ministère de la Santé pour l’allaitement, a dit à IRIN que même une mère malnutrie avait une réserve de lait. « Mais pour garantir que la quantité et la qualité du lait soient suffisantes pour son enfant, il faut que son état de santé s’améliore », a expliqué Mme Arowa.












Sur l'allaitement, lire aussi
 BURKINA FASO: L’allaitement, pas toujours vu comme la meilleure solution

M. Peyraud, de MSF, a indiqué à IRIN que, souvent, on donne à manger et à boire à la mère pour augmenter la production de lait, et en parallèle, on empêche le bébé de téter en le nourrissant via des tubes que l’on fixe sur les tétons de la mère, de façon à ce que la lactation soit stimulée en même temps que le bébé reçoit un substitut de lait.



L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de nourrir les nouveau-nés exclusivement au sein pendant les premiers mois car le lait maternel leur fournit des nutriments et des anticorps naturels, mais observe qu’en pratique, à l’échelle mondiale, l’allaitement exclusif concerne moins de 40 pour cent des nourrissons âgés de six mois et moins.



Au Niger, ce chiffre est inférieur à cinq pour cent, d’après Mme Arowa, du gouvernement. Elle a indiqué que même parmi les femmes en mesure d’allaiter leurs enfants de manière exclusive, la plupart leur donnait de l’eau en plus du lait maternel. « Ces femmes n’ont pas conscience que le lait maternel est composé à 80 pour cent d’eau et à 20 pour cent de nutriments purs. Elles disent que leurs bébés ont besoin d’eau pour survivre ».



Au centre de soins intensifs, Mme Haboubacar a raconté que l’enfant qu’elle avait sur les genoux était son dixième enfant.



Sur les neuf autres, six sont déjà morts.



pt/aj/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Right now, we’re working with contributors on the ground in Ukraine and in neighbouring countries to tell the stories of people enduring and responding to a rapidly evolving humanitarian crisis.

We’re documenting the threats to humanitarian response in the country and providing a platform for those bearing the brunt of the invasion. Our goal is to bring you the truth at a time when disinformation is rampant. 

But while much of the world’s focus may be on Ukraine, we are continuing our reporting on myriad other humanitarian disasters – from Haiti to the Sahel to Afghanistan to Myanmar. We’ve been covering humanitarian crises for more than 25 years, and our journalism has always been free, accessible for all, and – most importantly – balanced. 

You can support our journalism from just $5 a month, and every contribution will go towards our mission. 

Support The New Humanitarian today.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join