1. Accueil
  2. Afrique
  3. Afrique de l'Est
  4. Kenya

Un jeu vidéo encourage le changement de comportement

Pamoja Mtaani is the first multiplayer PC video game to try to teach young people how to avoid becoming infected with HIV
(PEPFAR)

Au centre communautaire de Mukuru, un bidonville de la capitale kényane Nairobi, des adolescents passent des heures à jouer à un jeu vidéo. Ils ne combattent pas des forces d’un autre monde avec des armes surhumaines, mais ils tentent de trouver leur chemin dans une ville familière, essaient de négocier des situations tirées de la vie réelle et apprennent à se protéger contre le VIH.



« Pamoja Mtaani », qui signifie « Ensemble dans le quartier » en swahili, est le premier jeu vidéo à plusieurs joueurs sur ordinateur qui vise à enseigner aux jeunes des méthodes de protection contre le VIH. Les joueurs deviennent l’un des cinq personnages à se faire attaquer alors qu’ils se trouvent à bord d’un matatu (un minibus qui sert de taxi), tentent de reprendre possession de leurs biens volés et de sauver une femme blessée. A travers une série d’intrigues secondaires, les joueurs se retrouvent à devoir prendre des décisions qui les exposent aux dangers du VIH.



« Le joueur peut approuver les comportements de n’importe quel personnage du jeu vidéo ou il peut choisir de réfuter les mauvais comportements… [comme] la consommation de drogues, car il peut voir qu’en consommant de la drogue, ce personnage a contracté le VIH à cause d’un manque de vigilance », a expliqué Perpetua Nduku, une jeune fille au centre communautaire de Mukura qui accueille environ 35 adolescents par jour et une cinquantaine lors des week-ends.



Le jeu s’adresse à des jeunes âgés entre 15 et 19 ans et met l’accent sur cinq comportements clés qui peuvent réduire le taux d’infection chez les jeunes : retarder le début des activités sexuelles, pratiquer l’abstinence, éviter d’avoir des partenaires sexuels multiples, utiliser les préservatifs correctement et régulièrement, faire appel aux services de conseil et de dépistage volontaire.















Lisez plus
 Les langues se délient sur la ligne d’écoute anonyme « Wegen »
 Une campagne de prévention percutante

Des artistes de hip-hop locaux ont créé une bande sonore urbaine et locale et les personnages du jeu parlent le sheng, un mélange de swahili et d’anglais qui est couramment utilisé chez les jeunes des villes.



« Je peux désormais négocier l’utilisation du préservatif avec mon petit ami et je peux expliquer à une autre fille qui n’est jamais venue au centre comment faire, car le vocabulaire utilisé [dans le jeu vidéo] est le même langage que je parle normalement avec mon petit ami ou n’importe quelle autre personne », a déclaré Grace Wangeci, une jeune fille de 20 ans.



Le jeu a été conçu par Warner Bros Entertainment en partenariat avec le Plan d’urgence du président américain contre le sida (PEPFAR). La Coalition mondiale des entreprises contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme a récemment récompensé Warner Bros Entertainment en lui remettant le prix d'excellence professionnelle pour son jeu vidéo Pamoja Mtaani.



Lancé en décembre 2008, le jeu est disponible dans quatre sites à Nairobi. Après une étude menée en juin 2009, le PEPFAR et ses partenaires locaux prévoient désormais de proposer le jeu à travers la capitale et le pays.



Job Akuno, conseiller technique auprès des programmes de prévention de Hope Worldwide Kenya, qui gère le centre communautaire de Mukuru, a noté que les jeunes de la région avaient adopté le jeu et tiré des enseignements. En outre, il a insisté sur le besoin de trouver davantage de moyens d’informer les jeunes sur le VIH.



« Par le biais du jeu vidéo, nous pouvons adresser des messages d’une manière créative qui plaît aux jeunes », a-t-il dit, en ajoutant que le jeu diffusait des messages plus larges et enseignait, par exemple, aux jeunes femmes comment revendiquer leurs droits et améliorer leur estime de soi.



La stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA au Kenya considère les jeunes de 15-24 ans comme la population « la plus à risque ». En effet, le taux de prévalence du VIH chez les jeunes femmes s’élève à 6,1 pour cent, soit un taux quatre fois supérieur à celui enregistré chez les garçons du même âge. Selon les recherches, bien que les jeunes soient fortement sensibilisés au VIH/SIDA, bon nombre d’entre eux continuent d’adopter des comportements à risque, en ayant, par exemple, des partenaires sexuels multiples ou en utilisant des préservatifs de manière irrégulière.



ko/kr/mw/cd/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join