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L’argot des réseaux sexuels

Love in a time of AIDS.
Women cheat too (IRIN)

Sur le campus de l’Université du Zimbabwe (UZ), située à Harare, la capitale du pays, le comportement sexuel à risque possède son propre langage.



A leur arrivée, les étudiantes rejoignent une association informelle d’étudiantes connue sous le nom d’ « association universitaire des femmes célibataires », ou USA en anglais, et leurs pairs masculins s’inscrivent à « l’association universitaire des hommes célibataires », ou UBA.



Leurs réseaux sexuels sont codés par le biais d’un d’argot qui, selon Tsitsi Masvawure, chercheuse à l’université de Pretoria, en Afrique du Sud, masque des comportements à haut risque, notamment des partenariats multiples et concomitants, ainsi que les relations sexuelles intergénérationnelles, ce qui facilite le développement des infections sexuellement transmissibles et du VIH.



Lors du Forum ‘Sexual Violence Research Initiative’ à Johannesbourg, en Afrique du Sud, Mme Masvawure a présenté les conclusions de son étude conduite durant 15 mois à l’UZ, où elle a également fait ses études.



L’initiation à ces comportements à risque intervient peu après la semaine d’orientation, quand « la ruée vers l’or » commence et que les étudiantes de première année, considérées comme « sexuellement pures », sont repérées par des étudiants plus âgés pour des aventures d’une nuit, ou la « journée internationale ».



Ces jeunes femmes sont classifiées comme « or », celles de seconde année comme « argent », et les étudiantes de troisième année sont labellisées comme des membres de « bronze » de l’USA.









« Je ne veux pas que tu te presses… à faire de moi ton petit ami ; ne te presse pas, ce n’est pas un programme de réforme agraire »

Les étudiantes plus âgées s’engagent souvent dans des relations multiples et concomitantes, non pas pour survivre dans un Zimbabwe financièrement exsangue, mais pour pouvoir accéder à des denrées de luxe, comme par exemple des extensions capillaires onéreuses ou des produits alimentaires très chers ; ou parce qu’elles pensent que les hommes plus âgés sont de meilleurs partenaires, a indiqué Mme Masvawure à IRIN/PlusNews.



« Les UBA ne sont pas romantiques », a déclaré une jeune femme lors d’un entretien avec Mme Masvawure. « Je ne veux pas que tu te presses… à faire de moi ton petit ami ; ne te presse pas, ce n’est pas un programme de réforme agraire ».



Les étudiants plus jeunes aident aussi leurs amies à rencontrer des hommes plus âgés et plus aisés, en trouvant souvent des « papas gâteaux » potentiels dans les centres de transport sur la route de l’université, dans le centre ville d’Harare – un exercice connu sous le terme de « proxénétisme ».



« Cela remet en cause l’analyse traditionnelle selon laquelle le sexe transactionnel concerne l’argent et le sexe, avec des garçons donnant de l’argent et des filles qui donnent leur sexe. Les filles [interrogées dans le cadre de l’étude] ne venaient pas des milieux les plus pauvres, elles venaient de familles qui, dans certains cas, avaient des connections politiques », a souligné Mme Masvawure.



Selon elle, son étude a révélé des problèmes dans les programmes de prévention du VIH sur les campus et elle espère que cela mènera à des interventions contre le VIH plus ciblées pour les étudiants.



Le gouvernement cherche à renforcer l’éducation sexuelle afin de mieux sensibiliser les jeunes avant qu’ils n’atteignent le niveau universitaire.



Un programme sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents doit être rendu public dans quelques jours.



llg/kn/he/sk/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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