Quelque 700 personnes séropositives sont actuellement traitées par une organisation confessionnelle locale, Christian brothers (Frères chrétiens). « La question du VIH à Yambio devient de plus en plus importante chaque jour ; nous éprouvons même des difficultés à fournir des services en raison du grand nombre de personnes infectées au VIH/SIDA », a dit le frère Daniel Pius.
Le centre que gère l’organisation reçoit des financements, du lait en poudre et des articles non alimentaires pour les mères et les enfants de la part du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), mais il rencontre, malgré tout, des difficultés à faire face à la demande. Les personnels ont expliqué que le nombre de personnes séropositives ayant besoin de médicaments avait doublé au cours des deux dernières années.
« Une des raisons pour lesquelles il y a cette augmentation est que de plus en plus de gens vont se faire dépister, donc ils sont plus nombreux à découvrir qu’ils sont séropositifs », a dit M. Pius. « Mais le nombre de cas augmente également parce que les hommes ne se protègent pas [lors des relations sexuelles] ».
Une enquête sanitaire sur les ménages effectuée en 2006 a révélé que seulement 45 pour cent des femmes âgées entre 15 et 49 ans avaient déjà entendu parler du VIH, tandis qu’à peine 9,8 pour cent des femmes pouvaient citer trois moyens principaux d’éviter l’infection. Selon une étude plus récente, moins d’un homme sur quatre à Juba, la capitale du Sud-Soudan, a dit utiliser régulièrement un préservatif chaque fois qu’il avait des rapports sexuels avec une partenaire occasionnelle.
Cependant, des efforts de prévention sont en cours, d’après Patrick Wambua, chargé du VIH/SIDA auprès du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Sud-Soudan. « Les préservatifs ne sont qu’un des outils de l’éventail de mesures de prévention du VIH – la sensibilisation, l’éducation et la formation sont également des [outils] clés ».
Les statistiques sur le VIH au Sud-Soudan sont difficiles à obtenir : la prévalence générale du VIH est estimée à 3,1 pour cent mais les résultats des études présentent de larges variations, depuis 0,8 pour cent dans un site sentinelle à 11,5 pour cent dans un autre.
La signature d’un accord de paix en 2005 a mis fin à deux décennies de guerre, mais des analystes se sont dit inquiets que la région puisse être exposée à un risque VIH accru, conséquence d’une augmentation des échanges commerciaux avec des pays voisins comme l’Ouganda, le Kenya et la République démocratique du Congo, des pays qui sont tous confrontés à des épidémies généralisées.
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