D’après une étude réalisée auprès de 3 639 patients envoyés entre 2003 et 2007 au King George V Hospital, le centre de santé de la province qui se spécialise dans le traitement de la tuberculose pharmacorésistante, 235 d’entre eux étaient des prestataires de santé. Parmi eux, 23 étaient atteints de tuberculose ultra-résistante (XDR-TB), c’est-à-dire résistante à la plupart des médicaments contre la tuberculose.
Les chercheurs ont calculé que l’incidence de la XDR-TB et de la tuberculose multirésistante (MDR-TB), résistante aux deux médicaments les plus efficaces contre la tuberculose, était six à sept fois plus élevée chez les prestataires de santé que chez les patients n’exerçant pas dans le secteur de la santé.
Ces conclusions confirment ce que les experts soupçonnaient de longue date : l’insuffisance des mesures mises en place pour contrôler la transmission de la tuberculose dans de nombreux centres de santé d’Afrique du Sud met en danger les travailleurs de la santé.
« Le message est simple », a déclaré à IRIN/PlusNews le professeur Keertan Dheda de l’université du Cap, un des auteurs de l’étude. « Nous devons prendre au sérieux les mesures de contrôle des infections ».
Les activistes présents lors de la conférence nationale sur le sida, tenue à Durban, au KZN, en avril, ont appelé à mettre en place différentes mesures élémentaires de contrôle des infections, et notamment à assurer aux prestataires de santé et aux patients un approvisionnement suffisant en masques de protection, pour ralentir la propagation de la tuberculose pharmacorésistante dans le pays.
L’Afrique du Sud affiche l’une des charges de MDR-TB les plus importantes du monde, avec quelque 10 700 nouveaux cas recensés chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Les personnes touchées par le VIH sont particulièrement sujettes à la tuberculose, mais parmi les patients atteints de tuberculose pharmacorésistante soignés au George V Hospital, bon nombre de prestataires de santé étaient séronégatifs. Les chercheurs ont recommandé que tout prestataire de santé soupçonné d’avoir contracté la tuberculose, quel que soit son statut VIH, soit soumis à un examen visant à évaluer la résistance de la souche aux médicaments.
« Nous avons besoin de directives nationales sur la manière dont ils devraient être dépistés et pris en charge en cas de tuberculose, et nous n’en avons pas pour l’instant », a expliqué M. Dheda. « Ce que nous soupçonnions est avéré, et cela montre bien que nous devons redoubler d’efforts ».
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