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Les infirmières séropositives font cavalier seul

Home based care workers on their rounds in Mashonaland, Zimbabwe. In southern Africa the volume of people infected and affected by HIV and AIDS has overwhelmed public health systems and social services. Community organisations, church groups and nongovern Obinna Anyadike/IRIN
Home based care workers on their rounds in Mashonaland, Zimbabwe

Cette dernière année, le domicile d’Olive Mutabeni, à Chitungwiza, une banlieue défavorisée située à 20 kilomètres d’Harare, capitale du Zimbabwe, est devenu le centre d’opération de fortune de la Life Empowerment Support Organisation (LESO).



Après avoir exercé le métier d’infirmière dans le secteur de la santé publique pendant 23 ans, Olive Mutabeni a démissionné de son dernier poste (coordinatrice des services de prévention de la transmission de la mère à l’enfant à l’hôpital central de Chitungwiza) et fondé la LESO pour apporter un soutien émotionnel, médical et pratique aux malades et aux personnes âgées de sa communauté. Quatre autres infirmières se sont rapidement jointes à elle.



« Je pense pouvoir en faire plus ici qu’à l’hôpital, parce que je passe plus de temps avec les gens », a-t-elle expliqué à IRIN/PlusNews.



La chambre à coucher de sa fille a été transformée en cabinet d’aide psychosociale ; la dépendance est devenue un bureau ; la cour située à l’avant de la maison est devenue un lieu de rassemblement pour les groupes de soutien et un site de formation dans le cadre de projets de développement d’activités rémunératrices.



« Trois cents personnes séropositives viennent ici pour les groupes de soutien », a expliqué Mme Mutabeni. « Nous apprenons également aux gens à cultiver des champignons et à fabriquer de la vaseline et du cirage de chaussures ».



Pendant des années, les centres de santé publics du Zimbabwe ont manqué cruellement de ressources, de médicaments et de matériel, mais la grève des travailleurs de la santé, lancée en novembre 2008, a achevé de les faire fermer complètement pendant plusieurs mois.



Bien que l’hôpital central de Chitungwiza ait rouvert ses portes, les patients séropositifs qui doivent entamer un traitement antirétroviral (ARV) restent sur liste d’attente pendant six mois, et différents médicaments nécessaires pour soigner les infections opportunistes sont toujours épuisés.



Les ARV sont financés par les bailleurs, mais bon nombre de patients de la LESO, tels que Beatrice Shaba*, n’ont pas les moyens de payer les analyses de sang, ni d’acheter d’autres médicaments. « Je suis sous ARV, mais j’ai un problème, maintenant, parce que j’ai besoin de faire une nouvelle analyse de mon taux de CD4 et que je n’ai pas d’argent », a-t-elle expliqué à IRIN/PlusNews.















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Mme Shaba subvenait auparavant aux besoins de toute sa famille en travaillant comme représentante de commerce, mais son mari est mort d’une maladie opportuniste en 1998 et quelques années plus tard, la méningite lui a fait perdre la vue. « Je ne peux plus rien faire », a-t-elle déclaré. « Les gens ne comprennent pas pourquoi je n’ai rien alors que j’ai passé mon temps à travailler, mais j’ai épuisé toutes mes économies pour m’occuper de mon mari ».



La LESO ne reçoit pas de financements ; ses bénévoles ne sont pas rémunérés et ne peuvent guère donner plus à leurs patients que des analgésiques en vente sans ordonnance. Et pourtant, les patients affluent chez Mme Mutabeni depuis que l’organisme a ouvert ses portes, en mars 2008. Ici, des infirmières et des conseillères qualifiées, dont deux ont elles-mêmes contracté le virus du sida, les écoutent et leur donnent des conseils.



Mme Mutabeni a découvert qu’elle était séropositive après s’être soumise à un test de dépistage, pour donner l’exemple à ses patients, et Rosa Mufunde, responsable clinique et chef du service VIH/SIDA de la LESO, a commencé à effectuer des tests de dépistage réguliers lorsque son mari a appris qu’il était atteint. Le résultat d’un de ses tests s’est avéré positif en 2007. « Je veux que les gens sachent que les infirmières sont séropositives et qu’elles aident les gens », a-t-elle expliqué à IRIN/PlusNews.



Erica Sakuhwehwe, séropositive, et son frère Almighty, paralysé par un syndrome neurologique, font partie des personnes qu’elles ont aidées. Le compagnon d’Erica l’a quittée lorsqu’elle est tombée malade, l’année dernière ; aujourd’hui, elle subvient seule aux besoins, alimentaires et autres, de ses quatre enfants, ainsi que d’Almighty.



« Parfois, je n’arrive pas à le soulever ou à pousser son fauteuil roulant ; je ne suis pas en parfaite santé », a-t-elle indiqué. Malgré cela, elle pousse régulièrement le fauteuil roulant d’Almighty sur des routes semées de nids-de-poule pour se rendre à la LESO, parce que « le soutien psychologique nous aide tous les deux beaucoup ».



Mme Mutabeni souhaiterait toutefois en faire plus pour ses patients. « Beaucoup de gens veulent se faire dépister ?dépistage du VIH? ici, mais on ne peut pas ; nous sommes des conseillères professionnelles, mais nous n’avons pas de matériel de dépistage ; nous sommes limitées par les financements et nous avons de moins en moins de place. Ici, au Zimbabwe, [les bailleurs] ne reconnaissent pas les petits organismes comme le nôtre ».



*Un nom d’emprunt



ks/he/nh/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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