Les ménages gérés par des enfants sont, certes, une réalité en Afrique du Sud, mais l’idée généralement répandue et renforcée par les médias, selon laquelle les familles élargies ne peuvent plus absorber davantage d’orphelins, et que le nombre de foyers tenus par des enfants a fortement augmenté au cours des dernières années en raison de l’épidémie de VIH/SIDA, n’a jamais été confirmée par des études fiables.
Une nouvelle enquête menée par le Children institute de l’Université du Cap, en Afrique du Sud, a révélé que la perception populaire du lien entre les « orphelins du sida » et les ménages tenus par des enfants avait, dans la réalité, peu d’éléments sur lesquels se fonder.
Lors de la présentation de cette recherche au cours de la 4ème Conférence sud-africaine sur le sida, à Durban, en Afrique du Sud, début avril, Katharine Hall, du Children institute, a reconnu qu’il y avait un besoin de redéfinir le mot « orphelin ».
Mme Hall a cité des estimations de l’Actuarial society of South Africa montrant qu’un tiers des 4,1 millions d’orphelins en Afrique du Sud avaient perdu leur mère, et que parmi eux, 18 pour cent avaient perdu leur mère des suites du VIH/SIDA.
En analysant les données provenant de 22 enquêtes nationales sur les ménages et le travail entre 2000 et 2006, Mme Hall et ses collègues ont découvert que la proportion de ménages tenus par des enfants dans le pays n’avait pas augmenté au cours de cette période, mais était demeurée sous la barre des un pour cent.
Les orphelins qui ont perdu leurs deux parents constituent huit pour cent des ménages tenus par des enfants, et la majorité de ces ménages sont situés dans trois grandes provinces rurales : Limpopo, KwaZulu-Natal et Cap Oriental. Aucun foyer tenu par un enfant n’a été recensé dans certaines des provinces les plus urbaines, comme le Gauteng.
Mme Hall a souligné qu’en raison de l’accent mis sur le VIH comme étant la principale cause de l’existence de ménages gérés par des enfants, d’autres réalités sociales avaient été occultées, comme la nécessité, pour de nombreux parents des zones rurales, de migrer vers les villes pour trouver du travail, et que cela avait détourné les interventions mises en place pour répondre à ce problème.
« L’existence de parents vivants dans la majorité des cas suggère qu’il est inapproprié de concevoir ces ménages [gérés par des enfants] comme des situations permanentes requérant une intervention ou une dissolution », a-t-elle estimé.
Soutien du gouvernement
Alors qu’il est largement reconnu que les interventions les plus efficaces en direction des enfants orphelins ou abandonnés sont celles qui permettent de soutenir les membres de la famille chargés de prendre soin d’eux, la lourdeur des démarches administratives pour accéder à un tel soutien a entravé, plutôt qu’aidé, ce processus.
Sonja Giese a présenté les résultats d’une recherche qu’elle a menée pour le compte de l’Alliance for children’s entitlement to social security sur les obstacles à l’obtention d’un certificat de naissance pour les enfants. Sans ce document, les personnes qui s’occupent des enfants ne peuvent pas avoir accès à des subventions sociales ou d’autres formes de soutien de la part du gouvernement.
Enregistrer la naissance d’un enfant requiert la présence de la mère, qui doit présenter ses propres documents d’identité. Il n’y a pas d’alternative pour les enfants vivant avec d’autres personnes chargées de s’occuper d’eux.
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