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Une lueur d’espoir dans la recherche sur les microbicides

A Muslim woman working with GOAL teaches healthcare and use of condoms in Sudan, May 2006. GOAL is an international humanitarian organisation.
A Muslim woman working with GOAL teaches healthcare and use of condoms in Sudan (Neil Thomas/IRIN)

Après des années de déceptions, des chercheurs sur le sida ont annoncé que les résultats d’un essai clinique sur un microbicide vaginal semblaient offrir des promesses dans le domaine de la prévention de l’infection au VIH chez les femmes.



D’après les conclusions d’un essai clinique impliquant plus de 3 000 femmes au Malawi, Zimbabwe, Afrique du Sud, Zambie et Etats-Unis, le gel microbicide PRO 2000 serait efficace à 30 pour cent.



« C’est la première fois dans l’histoire de la recherche sur les microbicides que nous avons trouvé quelque chose qui marche, même si ce n’est qu’à 30 pour cent », a dit Gita Ramjee, chercheuse principale de l'essai en Afrique du Sud, à des journalistes le 9 février à Durban, ville portuaire située dans l’est du pays.



Mme Ramjee a décrit ces résultats comme représentant une « lueur d’espoir » que le concept du microbicide puisse devenir un outil de prévention du VIH efficace pour les femmes.



Bien que les résultats soient « prometteurs », ils ne sont pas statistiquement significatifs, dans la mesure où il y a une chance sur 10 que la réduction de 30 pour cent du nombre d’infections au VIH observée chez les femmes ayant utilisé le gel, en opposition à celles qui ont reçu un placebo, soit due au hasard, a dit Mme Ramjee.



Scientifiquement parlant, les résultats ne sont pas vus comme « significatifs » tant que la possibilité qu’ils soient erronés n’est pas descendue à 0,05 pour cent, soit moins d’une sur 20. « Si nous avions observé une réduction de 33 pour cent, cela aurait été statistiquement significatif », a-t-elle précisé.



Les femmes impliquées dans l’essai randomisé ont été divisées en quatre groupes : dans le premier, elles ont reçu un dosage du gel PRO 2000 de 0,5 pour cent. Dans le deuxième, les participantes ont été traitées avec du gel Buffergel, un autre candidat microbicide. Enfin dans les troisième et quatrième groupes, les femmes ont reçu un gel placebo ou pas de gel du tout.



L’étude, conduite par le réseau américain de recherche en microbicides Microbicide trials network, a également découvert qu’une utilisation plus régulière du gel correspondait à un niveau plus élevé de protection face au VIH.



D’après Mme Ramjee, PRO 2000 a fourni jusqu’à 78 pour cent de protection contre le virus aux femmes qui n’avaient pas la possibilité de négocier des relations sexuelles protégées, mais utilisaient plus fréquemment le gel. L’étude a aussi noté un niveau élevé d’observance : les participantes des trois groupes ayant reçu du gel ont indiqué l’avoir utilisé dans 81 pour cent des cas.



Les résultats d’une étude plus large sur ce produit sont attendus plus tard dans l’année, et les chercheurs espèrent qu’ils pourront démontrer son efficacité s’ils trouvent des taux de réduction similaires de l’infection au VIH.



Desiree, l’une des participantes à l’essai, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, a dit ne pas vraiment savoir ce qu’il fallait penser de tout le bruit fait autour des résultats de cet essai clinique.



« D’un côté, je suis fière de ce que j’ai fait et je suis assez contente qu’il y ait des progrès, mais je ne veux pas être trop enthousiaste au cas où à la fin, ça ne marche pas », a dit à IRIN/PlusNews cette mère de famille de 26 ans.



Desiree a participé à l’essai pendant près de deux ans, en dépit des critiques et des réactions négatives de la part des membres de sa communauté, qui pensaient que l’essai avait pour but « d’inoculer le sida aux gens ».



« Des gens ont estimé que comme j’étais indienne, je ne devais pas le faire, mais je ne les ai pas écoutés. Ma mère était d’accord, elle a dit ‘ok, pas de problème’, et mon partenaire était d’accord aussi. Nous avons même aimé utiliser le gel », a-t-elle raconté.



L’essai sud-africain a été mené dans le quartier indien traditionnellement conservateur de Chatsworth, à Durban, ainsi que dans la zone rurale de Hlabisa, dans le nord du KwaZulu Natal.



Le docteur Samu Dube, qui dirige le programme Afrique de la Campagne mondiale pour les microbicides (GCM, en anglais), a accueilli les résultats de l’essai avec prudence.



« C’est la première fois que l’on reçoit des informations positives sur un essai clinique [sur les microbicides], c’est un moment réconfortant. Mais nous attendons davantage. Pour que l’on puisse les célébrer, les résultats doivent être statistiquement significatifs. Mais on y arrivera », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews.



Le domaine de la recherche sur les microbicides attendait désespérément des résultats positifs après de nombreux résultats d’essais décourageants, y compris les essais cliniques menés en 2007 sur un microbicide à base de sulfate de cellulose, qui ont été interrompus lorsque des résultats préliminaires ont montré des taux d’infection plus élevés dans le groupe ayant reçu ce gel que dans le groupe témoin.



En 2008, l’organisation américaine Population council, spécialisée dans la santé reproductive, a annoncé que Carraguard – le premier microbicide à avoir atteint un stade avancé de l’essai clinique – avait également échoué à prévenir l’infection au VIH.



Dans un communiqué, Lori Heise, directrice de la GCM, a estimé qu’à ce stade, le PRO 2000 n’était pas un succès total et définitif, mais que les preuves de sa viabilité potentielle devaient relancer l’intérêt pour la recherche sur les microbicides.



kn/go/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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