1. Accueil
  2. Afrique
  3. Afrique australe
  4. Angola

Le dépistage universel pourrait éliminer le VIH en 10 ans - OMS

A days treatment of ARV, each pill now only costs 50cents.
(Kate Holt/IRIN)

Le dépistage universel suivi de la mise en œuvre immédiate d'un traitement antirétroviral (ARV) réduirait jusqu’à 95 pour cent le nombre de nouvelles infections en 10 ans dans les pays à forte prévalence, selon les résultats d'une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).



En effet, les résultats d’un modèle mathématique, publiés le 26 novembre dernier dans le journal médical britannique, The Lancet, indiquent que la mise en œuvre immédiate d’un traitement - quelque soit les évaluations cliniques ou immunologiques, comme la numération des CD4 (qui mesure la résistance du système immunitaire)- réduirait fortement le nombre de nouvelles infections dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne.



« Nous prenons les données enregistrées en Afrique du Sud, où l’épidémie est généralisée et où le virus se transmet principalement par voie hétérosexuelle, et nous entrons ces données dans un modèle informatisé », a expliqué Reuben Granich, un responsable médical au département VIH/SIDA à l’OMS qui a dirigé l’étude.



« Selon le modèle, si tous les adultes subissaient un test de dépistage au moins une fois par an et si les personnes séropositives recevaient immédiatement un traitement, le taux de VIH/SIDA passerait, en théorie, de 20 000 pour un million à 1 000 pour un million, par an, en 10 ans », a-t-il ajouté.



M. Granich a expliqué que le modèle reposait sur l’hypothèse selon laquelle une fois que les patients débutent une thérapie ARV, leur charge virale (le taux de VIH dans leur sang) diminue fortement et qu’ils sont moins susceptibles de transmettre le virus.



« L’objectif de cette étude était de relancer la discussion et d’aider à définir des questions de recherche sur la manière d’utiliser les ARV, non seulement dans le cadre du traitement, mais également à des fins de prévention », a déclaré à IRIN/PlusNews Kevin De Cock, directeur du département VIH/SIDA à l’OMS et co-auteur de l’étude.



« Cette étude n’annonce en aucun cas un changement dans la politique ou dans les lignes directrices de l’OMS en matière de dépistage et de traitement », a-t-il insisté.



En effet, selon la politique de l’OMS en matière de traitement, la mise sous traitement ARV est déterminée par les résultats d’un test de dépistage volontaire et d’une évaluation clinique.



D’éventuels obstacles



Bien que de plus amples recherches sur le dépistage universel et le traitement devraient être nécessaires avant tout changement de politique, M. De Cock a noté que l’OMS réunirait les parties prenantes en 2009, afin de discuter des résultats du modèle mathématique et d’étudier la meilleure façon de surmonter les éventuels obstacles.



« La promotion du dépistage universel s’accompagne de questions de droits humains devant être prises en compte. En outre, l’OMS continue d’appliquer des politiques de dépistage qui favorisent le consentement éclairé, la confidentialité et la dignité », a-t-il dit.



« Parmi les autres obstacles figurent la faisabilité de la politique et le possible affaiblissement des autres formes de prévention contre le VIH », a-t-il ajouté.



Toute intervention visant à généraliser le dépistage et l’accès au traitement devrait s’accompagner d’un programme de prévention élargi préconisant notamment la circoncision, l’usage correct et régulier du préservatif et la réduction du nombre de partenaires.



De plus, les résultats de l’étude ont indiqué que cette politique résulterait en d’importants coûts, en particulier dans les régions les plus pauvres du monde.



« A moins que nous parvenions à stopper la transmission du VIH, nous devrons toujours nous pencher sur le traitement », a dit M. De Cock. « La mise en œuvre de cette politique pourrait être onéreuse, mais à long terme, nous réaliserons des économies. »



Divers modèles d’accès universel au dépistage et au traitement ont déjà été mis en oeuvre avec succès. « Par exemple, dans les pays industrialisés, toutes les femmes enceintes ont accès au dépistage universel, et ont accès à un traitement, le cas échéant », a-t-il expliqué. « Dans cette région du monde, le VIH pédiatrique a été en conséquence pratiquement éliminé. »



M. De Cock a noté que selon les dernières lignes directrices de l’OMS en matière de traitement pédiatrique, tout enfant séropositif de moins d’un an est mis sous traitement ARV, tout de suite après avoir subi un test de dépistage, et ce, peut importe les résultats des évaluations cliniques ou immunologiques.



D’après l’OMS, en Afrique subsaharienne, près de 80 pour cent des adultes séropositifs ignorent leur statut sérologique et plus de 90 pour cent ne savent pas si leurs partenaires sont porteurs du virus. A l’échelle mondiale, quelque trois millions de personnes suivaient un traitement ARV à la fin 2007, alors qu’environ 6,7 millions d’individus en auraient besoin.



kr/kn/he/cd/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Right now, we’re working with contributors on the ground in Ukraine and in neighbouring countries to tell the stories of people enduring and responding to a rapidly evolving humanitarian crisis.

We’re documenting the threats to humanitarian response in the country and providing a platform for those bearing the brunt of the invasion. Our goal is to bring you the truth at a time when disinformation is rampant. 

But while much of the world’s focus may be on Ukraine, we are continuing our reporting on myriad other humanitarian disasters – from Haiti to the Sahel to Afghanistan to Myanmar. We’ve been covering humanitarian crises for more than 25 years, and our journalism has always been free, accessible for all, and – most importantly – balanced. 

You can support our journalism from just $5 a month, and every contribution will go towards our mission. 

Support The New Humanitarian today.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join