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Le typhon Mina, test de préparation aux catastrophes

Le typhon Mina (également baptisé Mitag) qui s’est abattu le 25 novembre sur l’archipel des Philippines constitue pour ce pays un nouveau test d’évaluation de sa préparation et de sa capacité de réponse aux catastrophes.

Avant même que le typhon, qui a déjà fait au moins sept morts, ne frappe les Philippines, les services de préparation et de réponse aux catastrophes naturelles ont prévenu qu’il présentait une grave menace pour la vie et les biens des populations de six à huit provinces peuplées d’environ 10 à 12 millions d’habitants.

Des évacuations préventives

Les gouverneurs de province, en coordination avec les autorités locales, ont alerté les conseils locaux de coordination des secours en cas de catastrophes et fait procéder à « l’évacuation préventive » des habitants vivant dans les régions menacées par le typhon, en particulier celles des villes côtières, des régions de plaines et des zones sujettes à des glissements de terrain.

Gina Lindayag, une habitante de la ville côtière de Virac, dans la province de Catanduanes, a déclaré à un programme radio local que des pêcheurs avaient déplacé leurs bateaux de pêche vers le centre de la ville en anticipant la tempête. « Nous ne prenons aucun risque », a-t-elle dit.

Le typhon Mina est la 13ème tempête à s’abattre sur l’archipel des Philippines cette année ; elle était accompagnée de vents violents de 175 kilomètres à l’heure, avec des pointes pouvant atteindre 210 kilomètres, selon Nathaniel Cruz de la PAGASA (Administration des services atmosphériques, géophysiques et astronomiques des Philippines). Le typhon a ensuite gagné l’intérieur des terres.

Il y a trois semaines, le typhon Kabayan a tué trois personnes et causé d’importants dégâts estimés à près de 19 millions de pesos philippins (442 000 dollars), lors de son passage sur la région nord de Luzon. C’est dans la province d’Isabela que les dégâts ont été les plus importants. Le 19 novembre, un autre typhon, Lando, s’est abattu sur les îles de Visayas et Mindanao, faisant une dizaine de morts et des dégâts estimés à près de 65 millions de pesos philippins (1,51 million de dollars).

250 000 personnes évacuées

L’annonce du typhon Mina a entraîné d’importantes évacuations de population et selon les responsables de la préparation aux catastrophes naturelles, au total 250 000 personnes ont fui leurs habitations ou ont été évacuées vers des abris provisoires dans les régions sud de Luzon. Dans la province d’Albay, le gouverneur, Joey Salceda, a donné l’ordre d’évacuer les populations vivant sur les flancs du volcan du mont Mayon en raison des risques de coulées de boue.

Anthony Golez, vice-administrateur du Conseil national de coordination des secours en cas de catastrophes naturelles (NDCC), a expliqué que le typhon Mina pourrait toucher d’autres régions de la province du Luzon et a exhorté les autorités provinciales et locales à prendre « les mesures préventives » appropriées. Le typhon devrait également toucher les provinces d’Ifugao, Mountain Province, Benguet et Ilocos Sur.

La menace du Mina a rappelé la catastrophe causée par Reming, un super typhon qui avait frappé le pays en novembre 2006, et une succession d’autres tempêtes ayant balayé l’archipel des Philippines, cette année-là. Le typhon Reming avait fait 1 200 morts, près de 200 000 sans abris et provoqué d’importants glissements de terrain à Bicol.

Dans l’après-midi du samedi 24 novembre, alors que le typhon progressait vers la région nord de Luzon, la présidente a assisté à une réunion du NDCC destinée à tester l’état de préparation des services de secours du pays. Ce conseil est composé de représentants des services sociaux, des gouvernements intérieurs et locaux, des services de santé, des forces armées des Philippines, de la PAGASA, de la Croix-Rouge nationale et de nombreuses autres organisations, y compris de la police et de l’agence nationale de l’alimentation. Dans la matinée du 24 novembre, la Présidente a ordonné « l’évacuation préventive des habitants des zones menacées ».

Concept de préparation

Selon Anthony Golez, vice-administrateur de la NDCC, la réponse immédiate des autorités provinciales et locales aux alertes au typhon Mina a été une mesure bien accueillie. « Nous assistons à une évolution du concept de réponse à celui de préparation aux catastrophes ».

Bellaflor Angara-Castillo, gouverneur de la province d’Auroro, a dit qu’elle avait donné l’ordre d’évacuation immédiate de la population des régions côtières et qu’elle avait interdit les sorties en mer aux pêcheurs.

« Nous n’avons pas de zodiacs pour mener des opérations de secours et bon nombre de nos villages se situent sur la côte », a-t-elle affirmé. Mme Angara-Castillo a par ailleurs demandé à la Présidente Arroyo que l’armée fournisse des zodiacs en cas d’opérations de secours.

Grace Padaca, gouverneur de la province d’Isabela a, pour sa part, sollicité l’aide de la NDCC avant et pendant le typhon, en soulignant que la province ne s’était pas encore remise des dégâts causés par le passage du dernier typhon.

« Nous ne voulons pas que cela se reproduise », a-t-elle souligné, faisant allusion à ce qui s’était passé au début du mois de novembre, après le passage du typhon Kabayan qui avait fait neuf morts.

Etat d’alerte maximum

Pendant la réunion de la NDCC, la Croix-Rouge nationale a assuré les participants de son approvisionnement régulier en sang. Elle a également assuré les gouverneurs de province que ses bureaux locaux étaient en alerte 24 heures sur 24. Francisco Duque, le ministre de la Santé a ordonné à tous les hôpitaux de la province nord de Luzon d’être en « alerte blanche » - l’état d’alerte maximum – afin de pouvoir intervenir, en cas d’urgence et pendant les opérations de secours.

Quant à Esperanza Cabral, ministre des Affaires sociales, elle a indiqué que les services sociaux locaux collaboraient actuellement avec les autorités locales et disposaient d’équipes d’intervention rapide déjà en place dans les centres d’évacuation du nord de Luzon.

Ronaldo Reario, conseiller régional pour la réponse aux catastrophes naturelles auprès du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a expliqué à IRIN que le gouvernement, depuis les autorités nationales et provinciales jusqu’aux autorités locales, avait eu une réaction « plus prompte » face à un risque de catastrophe.

« Il y a une amélioration significative [...] le gouvernement est aujourd’hui en mesure de réagir immédiatement, contrairement aux expériences passées », a-t-il dit, ajoutant « qu’il y a maintenant une sérieuse anticipation des risques auxquels sont exposés les groupes vulnérables ».

ar/bj/bp/ads/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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