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Les attaques d’école menacent la scolarité des filles de Shindand

Plus de 1 500 filles ont été privées de cours pendant plusieurs jours, suite à l’attaque de leur collège par des assaillants non identifiés dans le district de Shindand de la province ouest d’Herat, ont révélé des responsables locaux du ministère de l’Education.

Le 19 octobre, vers minuit, des grenades lancées dans l’enceinte du collège ont brisé des fenêtres et provoqué quelques dégâts mineurs dans plusieurs salles de classe, a affirmé Ghulam Hazrat Tanha, directeur de l’enseignement à Herat.

Selon les autorités, certaines élèves reprennent les cours progressivement, mais les habitants de la région sont s’inquiets pour l’éducation de leurs enfants et de leurs filles en particulier.

« Les récentes attaques d’école ont fait peur à beaucoup de parents et d’élèves », a affirmé Tanha, ajoutant que les habitants avaient demandé aux autorités d’assurer la sécurité des élèves dans les établissements scolaires.

Depuis le 8 octobre, quatre attaques d’école ont été signalées dans le district instable de Shindand, mais elles n’ont fait aucune victime parmi les élèves et les enseignants, a précisé Haji Shah Alaam, le gouverneur du district.

Deux des écoles ciblées sont des établissements de jeunes filles, a ajouté M. Alaam.

En Afghanistan, la mixité est interdite dans les collèges, alors qu’elle est pratiquée dans les universités.

Peuplée majoritairement de Pashtouns, le district Shindand est un foyer de l’insurrection talibane dans la province relativement calme d’Herat.

Dans d’autres districts d’Herat, où l’influence des Talibans est très présente, quelques écoles ont aussi été attaquées.

Fermeture d’écoles dans la province d’Helmand

Entre temps, les autorités responsables de l’éducation dans la province sud d’Helmand ont attiré l’attention sur le nombre de plus en plus réduit d’écoles encore ouvertes.

Au début du mois d’octobre, le directeur de l’enseignement d’Helmand avait indiqué à IRIN que plus de 90 établissements scolaires fonctionnaient dans cette province en proie à l’insurrection, alors qu’une centaine d’autres, principalement dans les zones rurales, avaient dû fermer à cause des problèmes d’insécurité.

Mais trois semaines plus tard, seuls 64 établissements scolaires restent encore ouverts à Helmand – la première province productrice d’opium et la plus affectée par le conflit.

Près de 400 écoles ont été fermées dans le sud de l’Afghanistan, privant ainsi de cours plusieurs dizaines de milliers d’écoliers, selon des responsables du ministère de l’Education.

« Les écoles communautaires et les autres établissements scolaires locaux ferment progressivement en raison de l’insécurité grandissante, des attaques des Talibans et du manque de ressources », a indiqué Saeed Ibrar Agha, directeur provincial de l’enseignement.

Depuis la chute du régime des Talibans, fin 2001, les nouvelles autorités d’Afghanistan ont réalisé d’importants progrès en matière d’éducation et ont scolarisé plusieurs millions d’élèves.

Ce pays ravagé par la guerre compte aujourd’hui plus de six millions d’élèves - dont 35 pour cent de filles scolarisées - dans plus de 11 000 écoles et établissements scolaires, selon des indications fournies en 2007 par le ministère afghan de l’Education.

D’ici 2020, tous les garçons et les filles devraient être en mesure d’achever un cycle complet d’études primaires, conformément au deuxième point des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) révisés pour l’Afghanistan.


Photo: Noorullah Stanikzai/IRIN
Plus de six millions d’élèves sont scolarisés dans plus de 11 000 écoles en Afghanistan

Des dortoirs

Tandis que de plus en plus d’élèves venant de régions rurales en proie à l’insécurité s’entassent dans les écoles de la capitale provinciale, les autorités locales du ministère de l’Education se plaignent qu’elles n’ont pas les moyens d’héberger tous les nouveaux arrivants à Lashkargah, la capitale d’Helmand.

La plupart des élèves des zones rurales qui viennent s’inscrire dans les écoles de Lashkargah sont des garçons, ont précisé les autorités. Quant à ceux qui font quotidiennement le trajet entre la capitale provinciale et leur domicile, dans les districts ruraux, ils sont aussi exposés aux attaques des groupes d’insurgés opposés à l’éducation des jeunes.

En outre, ces trajets scolaires représentent un poids financier supplémentaire pour des parents déjà pauvres.

« Nous devons ouvrir des dortoirs pour les élèves des zones rurales scolarisés à Lashkargah », a suggéré M. Ibrar Agha. « Nous espérons que les bailleurs de fonds nous aideront à en construire un ».

kn/az/ad/mw/ads/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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