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Les producteurs locaux d’ARV réclament le soutien du gouvernement

Les producteurs locaux de médicaments antirétroviraux (ARV) ont appelé le gouvernement à augmenter les droits de douane sur les médicaments contre le sida importés et à décourager les organisations humanitaires et les gouvernements étrangers de distribuer gratuitement ces médicaments, afin de pouvoir eux-mêmes continuer à en produire pour les Nigérians qui vivent avec le VIH.

« Le gouvernement devrait cesser d’accepter l’aide pharmaceutique de tous ces pays étrangers, ou bien il devrait faire en sorte que cette aide ne pénalise pas les producteurs locaux car, non seulement nous produisons des médicaments de qualité, mais nous contribuons également au développement et offrons des emplois rémunérateurs », a argumenté Abiola Adebayo, responsable des ventes et du service marketing de Fidson Health Care, l’une des 11 entreprises productrices d’ARV au Nigeria.

Selon Sam Ohuabunwa, président de l’Association des compagnies pharmaceutiques ouest-africaines, « en conjuguant la capacité de production des sociétés nigérianes à celle de quelques autres dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, nous sommes déterminés à faire notre possible pour satisfaire les besoins en ARV dans la région, comme nous le faisons pour les autres médicaments ».

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a organisé une rencontre régionale en avril dernier pour débattre de la viabilité de la production de médicaments anti-sida de qualité et abordables.

« L’expérience a révélé que les frais de traitement augmenteraient considérablement au cours des prochaines années si rien n’était fait pour réduire le prix élevé des ARV », a expliqué Mohamed Ibn Chambas, secrétaire exécutif de la CEDEAO, aux délégués.

« A l'échelle régionale, nous ne pouvons dépendre uniquement des efforts des compagnies pharmaceutiques pour résoudre ce problème », a-t-il estimé. « Des changements radicaux doivent être apportés à la stratégie du secteur public, pour que nous réussissions à obtenir les médicaments abordables que nous visons ».

M. Chambas a recommandé une approche axée sur un partenariat public-privé, selon lui la meilleure méthode pour dispenser des services plus rentables aux personnes qui vivent avec le VIH et pour créer de nouvelles opportunités d’affaires.

Bien que le gouvernement nigérian ait acheté cette année davantage d’ARV produits localement, d’après les compagnies pharmaceutiques, ces quantités ne suffisent toujours pas à justifier leur investissement dans la production de ces médicaments vitaux.

M. Adebayo a déploré les directives strictes établies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de production d’ARV, et auxquelles les sociétés locales doivent se conformer, en plus de devoir déposer leurs nouveaux médicaments auprès de l’Agence nationale nigériane d’administration et de contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques.

Il a souligné qu’un soutien plus marqué de la part du gouvernement permettrait en outre de réduire le coût élevé de ces médicaments.

Des objectifs non atteints

De nombreux Nigérians séropositifs ne sont toujours pas en mesure de se procurer des ARV via le programme de traitement gouvernemental, a également fait remarquer M. Adebayo, et les compagnies pharmaceutiques locales sont disposées à soutenir les efforts déployés par les autorités en vue de fournir des traitements et de freiner la propagation du virus.

« S’il est vrai que nous sommes intéressés par le profit, ce n’est pas notre motivation première », a affirmé M. Ohuabunwa. « Nous sommes déterminés à augmenter notre niveau de production, étant donné que beaucoup de gens ayant besoin d’ARV ne parviennent pas à s’en procurer ».

Le professeur Babatunde Oshotimehin, président du Comité national de lutte contre le sida (NACA), a accueilli favorablement la production locale d’ARV. Selon lui, pourtant, le Nigeria n’a pas les moyens de refuser les médicaments qu’on lui donne.

« Ils nous aident à satisfaire la demande croissante en médicaments des personnes qui vivent avec le VIH », a-t-il justifié.

De plus, il arrive aussi que les bailleurs de fonds internationaux insistent sur l’utilisation de médicaments de marque importés dans le cadre des programmes qu’ils financent.

Les compagnies pharmaceutiques produisent 20 types d’ARV différents, mais il leur est difficile de les vendre et, dans certains cas, elles ont été contraintes de donner les médicaments invendus avant qu’ils n’atteignent leur date de péremption.

« Si vous regardez le commerce des ARV, il repose essentiellement sur le patronage du gouvernement. Sans patronage gouvernemental, on ne peut pas survivre dans ce secteur », a expliqué à IRIN/PlusNews Naomi Sanni, une autre responsable chez Fidson.

A l’heure actuelle, le Nigeria est à la traîne en matière de traitement ARV, puisque seule une personne à traiter sur cinq environ parvient à se procurer les médicaments dont elle a besoin, selon une étude récente du programme nigérian de distribution d’ARV.

En effet, si dans le cadre du plan quinquennal nigérian, un million de personnes devraient avoir accès au traitement du VIH/SIDA d’ici à l’an 2009, en mars 2007, seuls 124 572 adultes et 5 279 enfants étaient effectivement sous ARV, sur les 555 000 personnes en attente de traitement.

lf/ks/he/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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