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Risquer le VIH ou ne jamais avoir d’enfant, le dilemme des couples sérodiscordants

Les couples sérodiscordants en âge de procréer sont confrontés à un choix susceptible de modifier le cours de leur vie : ne pas avoir d’enfant ou prendre le risque que le partenaire séronégatif contracte le virus pour en avoir un.

« Les gens se marient pour avoir des enfants, alors quand les couples découvrent qu’ils sont sérodiscordants, leur plus grand défi consiste à décider quoi faire en matière de procréation », a expliqué Churchill Kamau*, de Discordant Couples of Kenya (DISCOK), une organisation non-gouvernementale (ONG) qui soutient les personnes qui vivent ce genre de relations.

« On se rend compte, du moins dans notre organisation, que les couples sont prêts à risquer d’être infectés pour avoir un enfant ». Kamau est séronégatif, mais il a découvert que sa femme était séropositive lorsque celle-ci est tombée enceinte, en 2005.

Leur enfant est séronégatif, grâce au programme de prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME) mis en place à la clinique prénatale, mais il ne sait pas s’ils essaieront d’avoir un autre bébé. « Aujourd’hui, je dirais non, mais je ne peux pas exclure cette possibilité à long terme », a confié Kamau à IRIN/PlusNews.

Il existe plusieurs options de reproduction alternatives, susceptibles de protéger le conjoint séronégatif : le lavage du sperme lorsque c’est l’homme qui est séropositif, ou l’insémination artificielle si c’est la femme, mais la plupart des couples kenyans sont trop pauvres pour avoir recours à ces méthodes, et choisissent plutôt les rapports sexuels non-protégés.

Selon Carol Ngare, la directrice du service de Conseil et dépistage volontaire (CDV) du Programme national de contrôle du sida et des infections sexuellement transmissibles (NASCOP), environ 13 pour cent des couples mariés qui ont fait appel aux services de CDV du Kenya étaient sérodiscordants.

« Du fait de la facilité d’accès à la PTME, la plupart des couples savent désormais que même si l’un d’entre eux transmet le virus à l’autre, ils sont peu susceptibles de le transmettre au bébé », selon Kamau. « Ils savent également qu’ils peuvent obtenir des ARV [médicaments antirétroviraux] gratuits, alors ils ont meilleur espoir d’être toujours là pour voir grandir leur enfant, même s’ils contractent effectivement le virus ».

Kamau a souligné que les couples devaient être conscients des choix qui s’offraient à eux ; selon lui, le gouvernement doit travailler avec des groupes comme DISCOK pour atteindre les couples sérodiscordants, qui se font souvent discrets de crainte d’être stigmatisés.

« Moi, par exemple, je n’ai jamais dit à ma famille que ma femme était séropositive – ils feraient pression pour que je la quitte », a raconté Kamau. « C’est la même chose pour beaucoup de couples ; ils n’ont pas accès à l’information parce qu’ils craignent de dévoiler leur sérodiscordance à l’ensemble de la communauté ».

Selon NASCOP, les couples sont encouragés à faire des tests de dépistage ensemble, afin que chacun connaisse le statut de l’autre et qu’ils puissent décider comment procéder s’ils découvrent qu’ils n’ont pas le même statut.

« Les messages de conseil visent à leur présenter les avantages et les inconvénients de la grossesse, et à assurer que le choix qu’ils feront, quel qu’il soit, soit fait en toute connaissance de cause », selon Carol Ngare, directrice du service de Conseil et dépistage volontaires du NASCOP. « Quel que soit leur choix, ils seront soutenus par un suivi psychologique et un traitement, si nécessaire, de PTME ».

Néanmoins, moins de dix pour cent des gens se rendent dans ces centres avec leur partenaire, et selon Kamau, de DISCOK, le gouvernement devrait lancer une campagne spécifiquement destinée à encourager les couples à le faire.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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