Les vagues qui ont déferlé sur certaines communautés côtières du Liberia ont détruit des centaines de maisons et infrastructures et fait plus de 700 déplacés.
« Nous avons étés confrontés à des marées de plus en plus hautes…qui ont emporté les habitations implantées le long des plages », a expliqué à IRIN Daniel Clarke, le directeur de la Société de la Croix-Rouge libérienne, qui parle de véritable catastrophe pour décrire la situation.
Selon un récent rapport de la Mission des Nations Unies au Liberia (MINUL), entre le 30 juillet et le 2 août, l'avancée de la mer avait détruit de nombreuses maisons et propriétés dans les villages de pêcheurs des comtés de Grand Bassa, Grand Cape Mount et Montsserado.
Le 14 août, une vague avait rasé huit maisons dans un bidonville de Monrovia, la capitale, faisant 86 sans-abri.
Selon M. Clarke, la Croix-Rouge a déjà recensé plus de 700 personnes déplacées victimes de l’érosion côtière, et le nombre de sinistrés continue de progresser.
Reloger les communautés sinistrées
Les familles vivant le long du littoral ont été invitées à quitter ces lieux et à s’installer dans des régions plus sûres.
« Nous avons proposé aux sinistrés du comté de Cape Mount de les reloger, mais ils ne souhaitant pas [déménager] », a expliqué M. Clarke de la Croix-Rouge.
« Ils tiennent à habiter près de la mer parce que la pêche est leur seul moyen de subsistance », a-t-il ajouté.
Prélèvement du sable de plage
Selon certains experts, le gros effort de reconstruction entrepris dans ce pays ravagé par la guerre contribue à aggraver le problème de l’érosion côtière dans son ensemble, puisque de plus en plus de personnes prélèvent du sable de plage pour réaliser des constructions.
« Le problème du prélèvement du sable de plage constitue l’une des plus graves menaces pour le littoral et l’environnement marin du pays », pouvait-on lire dans le rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur les problèmes environnementaux du Liberia, publié en juin.
Dans son rapport, le PNUD a fait observer que le gouvernement n’avait pris aucune mesure réglementaire pour empêcher cette pratique.
A en croire Gabriel Williams, le ministre libérien de l’Information, le gouvernement prendra bientôt des mesures interdisant le prélèvement de sable de plage dans certaines régions côtières.
Lors d’un récent point de presse, le responsable national chargé de la protection de l’environnement a affirmé que ceux qui prélevaient le sable de plage n’étaient pas conscients des dégâts qu’ils causaient à la nature.
« La plupart des gens ne sont pas informés des aspects négatifs du prélèvement du sable de plage », a expliqué Ben Donnie, directeur de l’agence pour la protection de l’environnement.
Des campagnes médiatiques
Les stations de radio et les journaux locaux ont récemment exhorté les citoyens à participer à la lutte contre l’érosion côtière.
« La destruction progressive du littoral provoquée par l’érosion marine est assez inquiétante, et si rien n’est fait pour l’arrêter, la moitié des terres fermes disparaîtront bientôt sous les eaux », pouvait-on lire dans l’éditorial de l’édition du 15 août du quotidien The Inquirer.
Le journal a appelé à une grande mobilisation autour du problème de l’érosion côtière.
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