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Aider les couples sérodiscordants à rester unis

Ibrahim Umoru avait une relation épanouie avec son épouse jusqu’à ce qu’il soit diagnostiqué positif au VIH en 2001 à Lagos, la grande ville portuaire du Nigeria. Malgré la compréhension et le soutien affichés au cours des premiers mois suivant cette annonce, sa femme, séronégative, l’a finalement quitté.

« Elle a supporté la situation pendant presque une année », a dit M. Umoru à IRIN/PlusNews, qui a par la suite découvert que son ancienne épouse avait été influencée par les conseils de son pasteur.

Son mariage fait partie de ceux, nombreux, qui se sont brisés à cause du statut sérodiscordant des couples qui comprennent une personne séropositive et une autre séronégative.

Suite à son expérience malheureuse, M. Umoru a créé en 2003 un groupe de soin et de soutien, appelé Initiatives des éducateurs pour une bonne santé, dont l’objectif est d’aider et de conseiller les couples sérodiscordants afin qu’ils restent unis.

« Le fait qu’une personne soit séropositive au sein du couple ne doit pas être une excuse pour que le mariage se brise. Grâce aux diverses améliorations de la qualité de vie des personnes infectées par le VIH, tous les couples peuvent s’épanouir dans leur mariage, et ce indépendamment du statut de l’un ou de l’autre », a plaidé M. Umoru, dont le groupe compte désormais une trentaine de couples membres.

Durant les réunions, « nous nous attelons constamment à renforcer la relation des couples discordants en leur donnant les informations nécessaires. Nous travaillons également à instruire les chefs religieux car beaucoup de personnes ont confiance en leur jugement. Si mon pasteur avait simplement eu accès à ces informations importantes, il n’aurait pas conseillé à ma femme de me quitter », a dit M. Umoru qui, depuis, s’est marié avec une femme séropositive.

Depuis que M. Umoru a commencé son action, d’autres groupes de soutien pour les couples sérodiscordants sont apparus. « Je peux vous assurer que de plus en plus de couples discordants vivent maintenant ensemble », a-t-il dit.

Maryam Tamakloe, une femme séropositive membre du Treatment action movement, un groupe de lobbying en faveur des traitements, composé de plusieurs organisations locales non-gouvernementales, a raconté qu’il avait fallu un peu de temps avant que son mari accepte son statut sérologique.

« Au début, il m’épaulait, mais ça a soudainement changé ; il rentrait de plus en plus tard et il était devenu très difficile. Par la suite, il commencé à me soutenir, et maintenant, c’est le plus gentil des hommes », a-t-elle affirmé.

Le docteur Ebun Adejuyigbe, une spécialise en pédiatrie à l’Université Obafemi Awolowo à Ile-Ife, dans le sud du Nigeria, a rappelé que bon nombre de disputes entre les couples sérodiscordants éclataient souvent dans l’enceinte même des hôpitaux.

Mieux informer pour éviter les ruptures

A Lagos, lors d’une table ronde des médias, organisée par l’association nigériane Journalists against AIDS (JAAIDS) et soutenue par la Fondation de la famille Henry J. Kaiser, basée aux Etats-Unis, Mme Adejuyigbe a cité le cas d’une femme séropositive accusée par son mari d’avoir eu des relations sexuelles multiples avant qu’il ne demande le divorce. Stigmatisée par sa belle-famille, elle s’est finalement suicidée.

Le docteur Sulaimon Akanmu, du Collège de médecine de l’Université de Lagos, a estimé qu’avec une meilleure compréhension de la transmission de la maladie, les couples sérodiscordants pourraient vivre ensemble plus facilement.

Le risque de transmission du virus à un partenaire non infecté dépend de la quantité de VIH que les personnes infectées portent dans leur sang ou leur fluide corporel, a-t-il argumenté.

« Si la charge virale du partenaire infecté [au VIH] est basse, le partenaire non infecté sera moins susceptible d’être contaminé », a dit M. Akanmu.

De plus, avec un suivi médical destiné à prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant, la probabilité pour que l’enfant soit infecté par le VIH est considérablement réduite.

Kingsley Obom-Egbulem, qui dirige la communication et la recherche à JAAIDS, a souligné le besoin de créer une plus grande prise de conscience sur l’aide et les conseils disponibles dont peuvent bénéficier les couples discordants.

« Nous voulons que les couples qui sont dans cette situation comprennent qu’il leur est possible d’avoir des enfants qui ne soient pas infectés par le virus, et ce, sans un partenaire séronégatif », a-t-il dit.

Les séances habituelles dans les cliniques prénatales ont pour conséquences que ce sont le plus souvent les femmes qui font le test de dépistage. C’est une situation qui doit changer, a-t-il dit.

« L’habitude selon laquelle l’homme dit à sa femme qu’elle devrait être la seule à faire un test de dépistage prénatal doit changer », a estimé M. Obom-Egbulem. « Ce n’est que quand [les membres du] couple connaissent leur propre statut qu’ils peuvent gérer leur infection et ainsi s’assurer que le VIH ne soit pas la cause de la rupture de leurs vœux maritaux».

lo/ks/he/sm/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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