Le juge Okechukwu Okeke s'est prononcé en faveur de dix jeunes qui avaient déposé un recours contre la Commission électorale nationale indépendante en clamant qu'ils seraient lésés si les élections du 18 mai étaient tenues en utilisant l'ancien registre électoral de 1999. A l'époque, ont-ils affirmé, ils n'étaient pas inscrits car aucun d'eux n'avaient atteint 18 ans, l'âge légal pour voter.
Or, le président de la CENI, Abel Guobadia, a déclaré qu'il ne serait pas possible de réviser la liste électorale avant juin, faute de fonds. « Même si nous obtenons l'argent aujourd'hui, nous envisagerons le commencement de l'inscription au cours du mois de juin », a-t-il indiqué à des journalistes.
Les élections pour la réélection des 774 gouvernements locaux du Nigéria, dont le mandat prend fin en mai, ont été fixées à l'issue d'une décision de la Cour suprême annulant une démarche de l'Assemblée nationale visant à proroger d'une année la durée de leur mandat. La décision a aussi affirmé que les gouvernements des 36 Etats du Nigéria ont un contrôle exclusif sur les gouvernements locaux.
Les responsables des Commissions électorales étatiques indépendantes ont décidé que le 18 mai serait la date des nouvelles élections. Ils ont aussi résolu d'utiliser l'ancien registre électoral préparé pour les élections de 1999, en indiquant que la CENI n'était pas en mesure de le mettre à jour avant le 18 mai.
Cette décision a provoqué le dépôt d'un recours par les jeunes. Bien qu'il soit possible d'interjeter appel contre la décision du juge Okeke dans la capitale, Abuja, d'aucuns craignent que la procédure judiciaire ne sera pas terminée à temps pour le vote.
Hormis le fait qu'elles constituent un test clé de la solidité de la nouvelle démocratie du Nigéria après des décennies de régime militaire, les élections locales offrent une occasion aux nouveaux partis politiques pour participer à d'autres élections prévues pendant le premier trimestre de 2003.
En vertu de la constitution du Nigéria de 1999, les nouveaux partis politiques doivent remporter un nombre déterminé de sièges aux élections locales pour être qualifiés à participer aux élections suivantes. Les partis émergents veulent un report des élections pour leur donner le temps de se préparer, alors que les partis politiques établis auraient tout à gagner si le scrutin a lieu le mois prochain.
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