1. Accueil
  2. East Africa
  3. Sudan
  • News

La stigmatisation, principale ennemie des personnes vivant avec le VIH

[Liberia] There are no counselling or treatment services for residents living with HIV/AIDS in Zwedru, which lies in the heavily-forested north-east of Liberia. Here the priority is getting basic health care up and running again.
IRIN
Un pourcentage important de la population ignore l'existence du VIH, notamment dans les zones rurales
Avouer sa séropositivité au Liberia reste une étape très difficile à franchir tant la stigmatisation liée au VIH/SIDA est forte, a rappelé une association qui mène depuis plusieurs semaines une campagne nationale. «Nous bravons la tempête en révélant publiquement notre statut [sérologique] et en expliquant à nos concitoyens, en particulier ceux dans les zones rurales, que ceux qui sont porteurs du VIH/SIDA ne doivent pas être discriminés», a dit à PlusNews Jackline Toe, présidente de la Light Association qui regroupe des personnes vivant avec le VIH. Le message principal de la campagne initiée par la Light Association, est de «ne [pas discriminer] les personnes vivant avec le VIH, elles sont vos frères et soeurs, elles ont le droit de vivre dans notre société comme n’importe quelle autre personne souffrant d’une autre maladie», a précisé Mme Toe. La campagne a déjà sillonné huit des 15 comtés du pays, ciblant les régions où la population est dense, y compris des zones très éloignées de la capitale Monrovia, comme le comté de Lofa, à la frontière guinéenne. Parmi les comtés visités, cinq abritent un grand nombre de personnes rentrées après avoir vécu plusieurs années dans des camps de déplacés ou de réfugiés, selon les Nations unies. Le Liberia a été ravagé par 14 ans de guerre civile pendant laquelle le viol massif a été utilisé comme arme de guerre par toutes les factions combattantes, contribuant à propager le virus dans un pays où les infrastructures sanitaires ont été détruites, et où aucune campagne de lutte contre le sida n’a pu être menée pendant plusieurs années. En dépit d’un taux de séroprévalence qui figure parmi les plus élevés d’Afrique de l’Ouest, 8,2 pour cent selon les autorités (5,9 pour cent d’après les Nations unies), de nombreux Libériens, notamment dans les zones enclavées, ignorent encore tout de l’existence de l’épidémie. Lorsqu’ils sont informés, ils le sont de manière incomplète, contribuant à marginaliser les personnes identifiées comme séropositives. «La stigmatisation est un problème majeur auquel nous, les victimes de la maladie, sommes confrontées dans les communautés et à l’échelle nationale», a dit Mme Toe. Signe d’espoir, cette campagne, fondée sur des réunions publiques et des émissions de radio, semble porter ses fruits, s’est réjouie Mme Toe. «Avant que notre campagne ne commence, la plupart des Libériens de l’intérieur [du pays] ne croyaient pas qu’il existait des personnes vivant avec le virus, mais grâce à l’effort courageux des personnes infectées de se dévoiler publiquement, certains de ceux qui vivaient avec le virus mais avaient peur de se faire connaître nous ont maintenant rejoints», a-t-elle ajouté. En milieu d’année 2005, l’association comptait quelque 80 membres. Aujourd’hui, elle en recense plus de 250, selon les chiffres de Light Association. Mme Toe s’est dit convaincue que davantage de personnes vivant avec le VIH les rejoindraient si elle pouvait ouvrir des antennes un peu partout dans le pays. L’association a déjà ouvert une antenne régionale dans la ville portuaire de Buchanan, à 120 kilomètres au sud-est de Monrovia, et prévoit d’ouvrir d’autres bureaux dans plusieurs régions du pays. Mais cette lutte contre la stigmatisation n’aura réellement d’effets que si l’offre de services de dépistage du VIH peut suivre, a estimé Mme Toe. Actuellement, en dehors de la capitale, seuls deux centres de dépistage du VIH, gérés par des organisations religieuses, fonctionnent dans le reste du pays, l’un à Ganta dans le nord, dans le comté de Nimba non loin de la frontière avec le Guinée, l’autre dans le comté de Bong, au centre du pays.
Partager cet article

Hundreds of thousands of readers trust The New Humanitarian each month for quality journalism that contributes to more effective, accountable, and inclusive ways to improve the lives of people affected by crises.

Our award-winning stories inform policymakers and humanitarians, demand accountability and transparency from those meant to help people in need, and provide a platform for conversation and discussion with and among affected and marginalised people.

We’re able to continue doing this thanks to the support of our donors and readers like you who believe in the power of independent journalism. These contributions help keep our journalism free and accessible to all.

Show your support as we build the future of news media by becoming a member of The New Humanitarian. 

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join