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Des progrès significatifs dans l'accès au traitement mais les défis demeurent - OMS

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En multipliant par huit le nombre de personnes infectées au VIH bénéficiant d'un traitement antirétroviral (ARV) entre 2003 et 2005, l'Afrique a réalisé des «progrès substantiels» dans l'accès au traitement du sida mais elle reste confrontée à des défis majeurs, selon un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Fin 2003, environ 100 000 personnes infectées au VIH ayant besoin d'un traitement ARV en Afrique sub-saharienne en bénéficiaient. En décembre 2005, elles étaient 810 000, soit 17 pour cent des personnes en attente d'ARV sur le continent, a dit le «Rapport sur l'initiative '3 millions d'ici 2005' et au delà», rendu public mardi à Dakar, la capitale sénégalaise, et à Genève, au siège de l'OMS. L'objectif dit du «3 fois 5» fixé par les Nations unies en 2003 visait à mettre trois millions de personnes sous ARV d'ici fin 2005 dans les pays en développement, soit 50 pour cent des patients en attente de traitement. A l'échelle de la planète, 1,3 million de personnes reçoivent désormais un traitement contre le sida dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, soit trois fois plus qu'en 2003, s’est félicitée l'OMS. De même, le nombre total de centres publics de traitement du sida dans ces pays est passé de 500 à 5 100 en deux ans. Cependant, si «les pays ont considérablement progressé grâce à l'initiative '3 fois 5', ... [ces] progrès en matière d'extension du traitement [du sida], bien que substantiels, ont été moins importants qu'on ne l'espérait», a reconnu l'organisation onusienne dans un communiqué. Par exemple, entre 2003 et 2005, moins de 10 pour cent des femmes enceintes séropositives ont eu accès aux antirétroviraux qui permettent de réduire le risque de transmission du virus de la mère à l'enfant, a noté le document. A l'exception de 18 pays, dont trois en Afrique (Botswana, Namibie et Ouganda), aucun Etat n'a pu atteindre les objectifs du «3 fois 5», même si certains en sont proches : le Sénégal, qui fournit aujourd'hui des ARV à 4 407 patients, a dit espérer atteindre son objectif de 4 500 au cours des prochaines semaines. Pourtant, même si les objectifs n'ont pas été atteints, l'initiative a permis d'élargir l'accès au traitement dans toutes les régions du monde, a souligné le rapport, notamment en Afrique subsaharienne, la région la plus touchée du monde par l'épidémie et la première à bénéficier de cette extension des traitements. Le «3 fois 5» a permis de «mobiliser une volonté politique et un engagement financier» qui étaient encore «très limités il y a deux ans», a dit le document de l'OMS : depuis le lancement de l'initiative, les pays se sont dotés d'une stratégie nationale de lutte contre le sida et les financements internationaux sont passés de 4,7 milliards de dollars en 2003 à 8,3 milliards en 2005. L'initiative a également permis de mieux négocier la baisse du prix des antirétroviraux auprès des firmes pharmaceutiques, faisant diminuer de plus de moitié le prix de certains ARV dits de première ligne. Ces traitements, utilisés par les nouveaux patients et ceux qui n'ont pas développé de résistances aux ARV, coûtent aujourd’hui en moyenne 268 dollars par an et par patient, a précisé l'OMS. D'autre part, le «3 fois 5» a été l'occasion de réaliser que les efforts déployés pour accélérer l'accès au traitement du sida ne sont payants que s'ils sont menés de front avec une extension de l'accès à la prévention du VIH, une nécessité qui a longtemps été négligée mais qui est désormais mise en avant, ont dit les conférenciers. Des défis à relever pour atteindre les objectifs de 2010 Malgré ces résultats encourageants, l'Afrique reste confrontée à des défis énormes si elle veut parvenir à l'accès universel au traitement et à la prévention du VIH/SIDA d'ici 2010 puis, d'ici 2015, à l'inversion de la propagation de l'épidémie, des objectifs fixés par les Nations unies en 2000 -- et dont l'initiative «3 fois 5» n’est qu’une étape. «L'initiative [3 fois 5] a permis d'identifier les faiblesses des pays : faiblesses des systèmes de santé et des ressources humaines, des systèmes d'approvisionnement et de gestion des médicaments, ainsi que de la coordination et de l'harmonisation des programmes au niveau des pays», a dit le docteur Teguest Guerma, directrice adjointe du département VIH/SIDA de l'OMS, lors de la conférence de presse de lancement du rapport à Dakar. Prendre conscience de ces faiblesses a conduit les pays et leurs partenaires à chercher des solutions afin d'utiliser au mieux les ressources disponibles, a dit le docteur Guerma. Ainsi, puisque la mise en oeuvre d'une stratégie globale de lutte contre le sida peut échouer si elle n'est pas adaptée aux réalités locales, des consultations nationales ont été engagées depuis décembre 2005 à l’initiative des Nations unies pour permettre aux pays d’élaborer eux-mêmes leurs objectifs. «L'initiative 3 fois 5 a permis de lancer et de structurer la solidarité de la communauté internationale [avec] les pays les plus [défavorisés]», a résumé Abdou Fall, ministre sénégalais de la Santé et de la Prévention médicale. «Elle doit maintenant trouver un prolongement au sein des communautés nationales». Mais atteindre les objectifs de lutte contre le sida à l'horizon 2010, puis 2015, nécessite «une augmentation substantielle des ressources et du financement durable», a dit le rapport de l'OMS. Le Programme commun des Nations unies sur le sida, Onusida, estime que l’écart entre les ressources disponibles et les ressources nécessaires s'élève à 18 milliards de dollars pour la période 2005-2007. L'engagement des donateurs sur le long terme est considéré comme essentiel pour assurer une extension durable du traitement. «Il faut changer la culture du partenariat», a plaidé le docteur Meskerem Grunitsky Bekele, directrice du bureau régional (Afrique de l'Ouest et centrale) de l'Onusida. «Il ne faut plus faire des projets à un ou deux ans qui mettent les pays dans la précarité, il faut au contraire s'assurer que les financements, nationaux et internationaux, sont prévisibles et durables».

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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