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Le Fonds mondial lève ses sanctions contre l’Ouganda

[Uganda] AIDS billboard in Uganda. Lucy hannan/IRIN
Uganda has been praised for leading Africa's most effective anti-AIDS campaign

L’Ouganda a accueilli vendredi avec soulagement la décision du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme de rétablir ses subventions suspendues en août pour cause de «mauvaise gestion» de l’aide internationale.

L’organisme international de financement avait gelé en août dernier ses cinq subventions, d’un montant total de 367 millions de dollars sur cinq ans, allouées à l’Ouganda en 2003 pour lutter contre les trois épidémies, après qu’un audit ait révélé des «incidents» en matière de suivi et d’évaluation des dépenses dans le cadre des programmes financés par le Fonds mondial.

Pendant la durée de cette suspension, les subventions destinées à financer les programmes d’accès aux traitements antirétroviraux (ARV) qui prolongent et améliorent la vie des personnes vivant avec le VIH ont cependant été maintenues.

Le Fonds mondial a annoncé dans un communiqué qu’il avait décidé de lever ses sanctions contre l’Ouganda suite aux «efforts intensifs» fournis par le pays pour rectifier les problèmes «sérieux de mauvaise gestion» des financements.

«Au cours des deux derniers mois, le Fonds mondial a été encouragé par les efforts intensifs de nos partenaires en Ouganda», a dit Richard Feachem, le directeur exécutif du Fonds mondial, dans le communiqué. « Nous sommes très satisfaits des progrès accomplis, qui nous permettent de lever la suspension des subventions accordées à l’Ouganda».

Cette décision a été rendue possible par la signature jeudi d’un «aide-mémoire» qui renforce les mesures de contrôle de la gestion des financements sous l’autorité du ministère ougandais des Finances, principal bénéficiaire des subventions, a précisé le Fonds mondial.

«La levée des sanctions signifie que la lutte pour la santé de nos populations va pouvoir reprendre sans délais et que notre partenariat se poursuivra», a dit Nsaba Buturo, le ministre ougandais de l’Information.

Sur les cinq subventions concernées, deux sont destinées à la lutte contre le VIH/SIDA, deux autres sont allouées au paludisme et la dernière à la lutte contre la tuberculose.

M. Buturo a affirmé que l’Ouganda n’oublierait pas l’audit «préjudiciable» qui a mené au gel des subventions. La commission d’enquête mise en place par le gouvernement va continuer à travailler jusqu’à en tirer les «conclusions logiques», a-t-il dit.

Cet audit indépendant, mené par une branche de l’organisation anglaise PricewaterhouseCoopers, spécialisée dans l’audit et la gestion des ressources, avait mis en doute l’exactitude des données fournies par l’unité de gestion des projets financés par le Fonds mondial du ministère ougandais des Finances.

«Le gouvernement ne laissera aucune zone d’ombre pour rassurer nos amis, avec lesquels nous travaillons», a dit M. Buturo.

Le ministère ougandais des Finances et le Fonds mondial ont précisé que l’aide-mémoire permettrait «d’assurer la mise en place effective, responsable et transparente des programmes subventionnés» par l’organisme international de financement.

Selon l’accord signé jeudi, le gouvernement ougandais s’engage entre autres à restructurer l’instance de coordination nationale, l’organisme chargé de la mise en oeuvre des programmes financés par le Fonds mondial au niveau des pays, afin de clarifier les responsabilités et de simplifier le contrôle de la gestion des subventions.

L’Ouganda a souvent été cité en exemple au cours de la dernière décennie pour son engagement dans la lutte contre le sida, qui lui a permis de ramener son taux de prévalence du VIH de 18 pour cent de sa population adulte dans les années 80 à environ six pour cent aujourd’hui, selon les autorités.

Mais le pays est tombé sous le feu des critiques plus récemment, soupçonné de ralentir ses efforts.

En août, moins d’une semaine après l’annonce par le Fonds mondial de la suspension de ses financements, des activistes de la lutte contre le sida en Ouganda ont accusé les autorités d’avoir cédé aux pressions américaines pour éliminer des campagnes de prévention du VIH l’utilisation des préservatifs, au profit de la promotion de l’abstinence comme seul et unique moyen de se protéger de l’infection au VIH.

Plusieurs organisations non-gouvernementales ont lié la pénurie généralisée de préservatifs dans le pays à ce revirement en faveur de «l’abstinence seulement», accusant le gouvernement de mettre en péril, voire d’anéantir, les efforts et les succès enregistrés au cours de la décennie précédente dans la lutte contre la propagation de l’épidémie.

Les autorités ougandaises ont rejeté à la fois ces accusations et l’existence d’une pénurie de préservatifs.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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