En raison de la pauvreté qui frappe l’Ouganda, les femmes qui vivent avec le VIH ont beaucoup de difficultés à suivre les traitements destinés à prévenir la transmission du virus à leurs enfants, qui sont du coup très exposés au risque d’infection, selon des chercheurs ougandais.
“C’est frustrant de voir des femmes enceintes venir chercher une simple dose de Nevirapine pour protéger leur enfant à naître mais de ne pas les voir revenir pour le suivi”, a déploré Phillipa Musoke, chef du service de pédiatrie de la faculté de médecine ougandaise de l’Université Makerere.
“Beaucoup d’entre elles vous diront qu’elles n’ont pas pu revenir parce qu’elles n’avaient pas de quoi payer le transport”, a dit Musoke.
Le fait que de nombreuses mères séropositives n’aient pas d’alternative à l’allaitement a aussi eu un impact négatif sur les stratégies mises en place pour protéger l’enfant contre l’infection par le VIH, a ajouté Musoke.
“Nous recommandons aux mères séropositives de ne pas allaiter leur bébé, mais elles se trouvent face à un dilemne”, note Musoke. “Elles ne peuvent pas se permettre d’acheter de quoi manger, même pas du lait de vache”.
Phillipa Musoke fait partie de l’équipe de chercheurs qui travaille sur un programme conjoint des universités Makerere et John Hopkins. Le but est d’évaluer l’efficacité des traitements antirétroviraux (ARV) dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.
Selon Musoke, le risque pour un bébé de contracter le virus lors de l’allaitement se situe entre 14 et 29 pour cent. Musoke a souligné que les risques d’infection lors de l’allaitement sont relativement faibles au cours des trois premiers mois.
D’autre part, les cas de diarrhées aïgues et de malnutrition sévère souvent mortelles sont plus nombreux chez les enfants qui ne sont pas nourris au sein.
“Nous recommandons aux femmes d’allaiter leur enfant pendant les trois premiers mois puis de s’arrêter”, a dit Musoke à PlusNews. “Cela ne sert à rien de tout faire pour éviter au bébé d’être infecté à la naissance si c’est pour qu’il meurt peu après parce qu’il n’a pas été nourri au sein”.
Le programme conjoint Makerere-John Hopkins a été lancé en 2000 à l’hôpital Mulabo, le principal hôpital ougandais. Plus de 90 000 mères y ont participé depuis son lancement. Le but est de s’assurer que les 70 pour cent d’enfants nés séronégatifs de mères infectées par le VIH conservaient leur statut.
“Il faut au moins 300 000 dollars par an pour assurer un véritable suivi des patients, fournir les soins nécessaires à ces mères et soutenir le processus normal d’immunisation des bébés”, a souligné Musoke.
Selon Musoke, la stigmatisation a aussi des conséquences néfastes sur la poursuite des traitements. Les mères à qui l’on conseille de ne pas allaiter continuent souvent à le faire par peur de révéler leur état tandis que les hommes restent peu impliqués. Seul un pour cent des femmes séropositives amènent leur partenaire se faire dépister.
Une simple dose de Nevirapine donnée à une mère séropositive juste avant l’accouchement et quelques gouttes administrées au bébé dans les 72 heures suivant la naissance réduit de moitié le risque de transmission du VIH, a affirmé Musoke. La Nevirapine est aussi combinée avec d’autres médicaments pour prolonger la vie des personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Elizabeth Madra, responsable du programme ougandais de contrôle de l’épidémie, a annoncé récemment que l’année dernière en Ouganda, près de 13 000 femmes enceintes infectées par le virus avaient reçu des traitements ARV juste avant leur accouchement.
L’Ouganda a été cité en exemple pour les succès enregistrés dans sa lutte contre la pandémie. Le taux de prévalence est passé de plus de 20 pour cent dans les années 90 à moins de six pour cent en 2004.
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