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« Quand le résultat est positif, ce n’est pas très facile à annoncer »

Amanda Kubeka works as a counsellor at the Emthonjeni voluntary testing and counselling centre at one of Johannesburg’s busiest taxi ranks Laura Lopez Gonzalez/IRIN
Quand Amanda Kubeka a vu à quel point ses cousins de Johannesbourg, en Afrique du Sud, avaient eu du mal à affronter la nouvelle de leur séropositivité, elle a décidé de faire quelque chose en proposant ses services comme conseillère dans un centre de dépistage du VIH.

Aujourd’hui, elle est conseillère au centre de dépistage volontaire et de conseil Emthonjeni, à proximité de l’une des stations de taxis les plus fréquentées de la ville. Elle a raconté à IRIN comment elle vivait le fait d’accompagner les gens au moment d’un test qui peut changer leur vie pour toujours.

« Parfois c’est difficile [d’annoncer la nouvelle]. C’est facile quand le résultat est négatif, mais quand il est positif, que la personne est venue vous voir en étant sûre que ce serait négatif, et qu’elle a un choc en apprenant qu’elle est séropositive, ce n’est pas très facile à annoncer.

« Quand c’est tôt le matin et que c’est votre premier client, ça plombe le moral ; ça n’est pas très agréable. Ensuite, si le client d’après est lui aussi positif, ça me gâche la journée, mais qu’est-ce-que j’y peux ? Je fais ce que j’aime et je suis passionnée par ce que je fais.

« Pour faire du conseil, il faut d’abord être soi-même – il faut être honnête, sympathique, patient, et avoir de la compassion pour le client ; il faut savoir se mettre à sa place.

« Il faut savoir faire attention aux sentiments des clients ; il faut réfléchir à ce qu’ils peuvent ressentir. Leur dire : ‘‘Je vois que vous êtes en colère’’. Leur demander, vérifier : ‘‘Pourquoi est-ce que vous ressentez ça ? Est-ce que vous avez conscience de ce que ces résultats impliquent ?’’ Il faut creuser, essayer de comprendre précisément leurs sentiments.

« Dans le cas de couples discordants [quand un partenaire est positif et pas l’autre], c’est difficile parce que les sentiments sont très complexes – ils se sentent coupables, et l’un [d’entre eux] peut dire à l’autre : ‘‘Si nous en sommes là, c’est ta faute’’.

« [La sexualité protégée] est un grand défi, en particulier chez les couples mariés, parce qu’ils ne comprennent vraiment pas pourquoi l’un des deux est séropositif et l’autre séronégatif – ils sont mariés depuis 20 ans, et tout d’un coup, ils vont devoir commencer à utiliser des préservatifs.

« C’est pour ça que nous organisons des sessions au cours desquelles nous leur apprenons comment introduire l’usage du préservatif dans leur couple. C’est difficile, surtout pour les femmes. La plupart d’entre elles disent : ‘‘Vous savez, nous avons l’impression de ne pas pouvoir imposer l’usage du préservatif à notre partenaire, mais d’un autre côté, nous avons des enfants qui ont besoin de nous’’.

« Ces sessions sont ce que je préfère [dans mon travail]… [c’est là] que nous arrivons à convaincre les femmes qu’elles peuvent s’imposer, parce que parfois, elles sont complètement dépassées. A la fin de la journée, elles ont entre leurs mains la décision d’utiliser un préservatif ou non ».

llg/kn/he/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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