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Des succès dans la lutte contre la tuberculose, malgré les difficultés

HIV positive mother of three Rahma Hirsi, 29, clutches the ARV drugs she receives at the Hargeisa Group Hospital in Hargeisa, Somaliland, August 2007. Casey Johnson/IRIN
Malgré une pauvreté endémique, des taux d’illettrisme élevés et un soutien limité de la communauté internationale, la république autodéclarée du Somaliland, dans le nord-ouest de la Somalie, fait figure d’exemple dans la lutte contre la tuberculose.

« En 1995, nous avons adopté la stratégie DOTS (traitements de courte durée sous surveillance) pour le traitement de la tuberculose. Ainsi, il y a toujours une personne qui s’assure que les patients observent leur traitement », a expliqué le docteur Ismail Adam Abdillahi, coordinateur du programme national du traitement de la tuberculose. « Grâce à ce système, le taux d’observance est très élevé et le traitement est efficace dans plus de 90 pour cent des cas. »

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé l’objectif de 85 pour cent de succès thérapeutique au niveau mondial d’ici 2015. La Somalie, qui fait partie de la Région de la Méditerranée orientale de l’OMS, se situe au deuxième rang régional sur 22, en terme de succès thérapeutique.

« La majorité de la population a accès à un établissement sanitaire qui offre des services contre la tuberculose et qui dispose d’au moins un médecin en mesure de traiter la maladie », a précisé M. Abdillahi. « Les médicaments que nous recevons du Fonds mondial [de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme], par l’intermédiaire de World Vision International, ne font jamais défaut. »

Grâce aux campagnes de sensibilisation, presque tous les patients ont des connaissances élémentaires sur la maladie, alors que la mise en oeuvre d’un vaste réseau de centres de traitement de la tuberculose assurant une supervision et un suivi de proximité permet à la lutte contre la maladie de continuer de progresser. L’OMS a fixé comme objectif de détecter 70 pour cent des nouveaux cas de tuberculose d’ici 2015. Toutefois, au Somaliland, 68 pour cent des nouveaux cas de tuberculose ont déjà été diagnostiqués.

« En 2008, nous avons diagnostiqué 4 153 cas ; nous croyons que ces cas représentent la majorité des personnes ayant contracté la maladie », a estimé M. Abdillahi. Bien que le pays ne dispose pas de la technologie permettant de détecter les cas de tuberculose à bacilles multirésistants, il a noté que très peu de cas de tuberculose « chronique » ou récurrente étaient détectés.

Ces progrès ont été accomplis bien que le Somaliland, qui n’est pas reconnu par la communauté internationale comme un Etat souverain, soit extrêmement pauvre. En effet, 10 années d’embargo sur les importations de bétail imposé par l’Arabie saoudite et par plusieurs autres pays importateurs de bétail du Moyen-Orient ont dévasté sa principale source de revenus.

Bien que le pays soit relativement calme depuis sa formation en 1991, une certaine insécurité continue de prévaloir, empêchant ainsi les travailleurs d’accéder à certaines régions et limitant les déplacements de ces derniers.

Assurer une intervention durable dans un contexte difficile

« Le Somaliland compte également de nombreux déplacés internes et réfugiés venus du sud. Quand les individus se trouvent dans une telle situation, la santé personnelle ne fait pas figure de priorité et les personnes ne cherchent pas à suivre un traitement », a poursuivi le docteur Ismail Adam Abdillahi.

« En outre, la guerre qui a ravagé le pays avant 1991 a détruit notre infrastructure de santé et nous avons encore besoin de beaucoup plus d’établissements sanitaires et de personnel dûment formé pour gérer la tuberculose. Par exemple, le plus grand centre urbain, la ville de Hargeisa, avec une population supérieure à 500 000 habitants, ne dispose toujours pas d’un centre de soins équipé pour traiter la tuberculose», a-t-il dit.

« Nos règlements ne sont pas aussi stricts qu’ils devraient l’être, ce qui fait que des médecins non agrées traitent des patients, et des pharmacies privées vendent sans ordonnance des médicaments antituberculeux. De telles pratiques exposent les patients à des informations erronées et à un mauvais traitement », a estimé le docteur Abdirashid Hashi Abdi, coordinateur du Fonds mondial pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), à Hargeisa.

« Il n’existe aucune donnée sur le taux de tuberculose à bacilles multi-résistants ou ultra-résistants », a-t-il ajouté.

De plus, M. Abdillahi a indiqué qu’un groupe de la population continuait d’être une source de préoccupation : les nomades. En effet, ces derniers qui parcourent le pays ne s’établissent jamais suffisamment longtemps dans un endroit pour permettre aux campagnes de sensibilisation de les atteindre. En outre, ils élèvent souvent leur bétail dans des régions éloignées des établissements de santé offrant des services anti-tuberculeux.

« Les hommes qui mâchent du khat [un stimulant léger largement répandu dans la Corne de l’Afrique] dans de petites salles mal aérées pendant des heures sont aussi vulnérables », a souligné M. Abdillahi. « Cela explique pourquoi deux fois plus d’hommes que de femmes sont atteints de tuberculose au Somaliland. »

Ensemble, le Somaliland et la Somalie affichent un taux annuel d’incidence de la tuberculose d’environ 324 cas pour 100 000 personnes. Plus de la moitié des personnes infectées sont âgées entre 15 et 34 ans. La maladie est fortement associée à la pauvreté et de nombreux patients souffrent également de malnutrition, rendant ainsi le traitement plus difficile.

kr/kn/he/cd/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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