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Faire de la circoncision une pratique plus sûre

Les bénéfices des programmes de circoncision masculine à grande échelle visant à lutter contre la propagation du VIH/SIDA pourraient être perdus, faute de formation et de ressources permettant d’effectuer cette pratique sans risque, selon une étude menée au Kenya.

En 2007, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, ont recommandé d’inclure la circoncision masculine dans les stratégies de prévention du VIH, après que des essais cliniques menés en Ouganda, au Kenya et en Afrique du Sud ont démontré que la pratique de la circoncision permettait de réduire jusqu’à 60 pour cent les risques de transmission du VIH chez les hommes.

Cependant, les spécialistes de la santé publique craignent que la circoncision masculine s’accompagne de risques pour de nombreux hommes adultes.

Seuls 1,7 pour cent des hommes kényans et 3,6 pour cent des hommes sud-africains ayant participé à ces larges essais cliniques, très contrôlés, ont développé des complications après avoir été circoncis.

Cependant, selon les résultats d’une étude menée dans le district de Bungoma, dans l’ouest du Kenya, publiés dans le Bulletin du mois de septembre de l’OMS, 35 pour cent des hommes ont développé des complications après avoir été circoncis par des tradipraticiens, et 18 pour cent après avoir subi une circoncision dans une clinique.

Sur les 1 007 jeunes hommes interrogés au cours des deux mois suivants leur circoncision, 25 pour cent ont confié avoir souffert d’ « effets indésirables », dont des hémorragies, des infections et des douleurs lorsqu’ils urinaient. Les chercheurs ont estimé que cette pratique avait entraîné des séquelles permanentes dans environ six pour cent des cas.

Bien que la circoncision traditionnelle soit la norme dans le district de Bungoma, de plus en plus de parents amènent leurs fils dans les cliniques privées et publiques pour les faire circoncire. Ainsi, les chercheurs ont pu comparer la fréquence des complications, à la fois après une circoncision faite par un tradipraticien et par un médecin.

Bien que les jeunes hommes ayant développé des complications après avoir subi une circoncision traditionnelle soient deux fois plus nombreux que ceux ayant été circoncis dans une clinique, ces derniers sont « très nombreux par rapport aux taux observés dans les pays développés et dans des contextes cliniques. »

Après avoir interrogé 41 tradipraticiens et médecins, et observé diverses procédures, les chercheurs ont conclu qu’une formation plus formelle était nécessaire. En outre, ils ont noté que de nombreuses complications étaient liées à l’usage d’instruments contondants ou non stérilisés, ainsi qu’à un manque de matériel pour la stérilisation et de pansements.

De plus, un taux plus élevé de complications a été enregistré chez les patients ayant subi une circoncision dans une clinique privée (22,5 pour cent) que chez ceux ayant été pris en charge par une clinique publique (11 pour cent) –un écart qui pourrait être dû au fait que les établissements privés cherchent à limiter leurs dépenses en remplaçant moins fréquemment leur matériel.

La plupart des hommes ayant participé aux essais cliniques au Kenya ont cessé de développer des complications au cours du mois ayant suivi leur circoncision. Cependant, selon l’étude menée dans le district de Bungoma, 24 pour cent et 19 cent pour cent des hommes ayant subi respectivement une circoncision traditionnelle et médicale continuaient de souffrir 60 jours après avoir été circoncis.

Outre ces « souffrances inutiles », les chercheurs ont noté que « comme la majorité de ces jeunes hommes étaient sexuellement actifs, une si longue période de guérison pouvait les exposer à des risques accrus de contracter le VIH compte tenu de la présence d’une plaie ouverte. »

En effet, au moment de l’enquête, 4,5 pour cent des jeunes hommes avaient déjà eu des rapports sexuels.

Dans des communautés comme celle de Bungoma, où la circoncision est largement pratiquée, les chercheurs ont recommandé d’encourager les parents à faire circoncire leurs fils lorsque ces derniers sont encore des enfants, avant qu’ils ne deviennent sexuellement actifs.

Au cours des 12 derniers mois, bon nombre de pays, dont l’Ouganda, le Kenya, la Zambie et le Swaziland, ont lancé des campagnes nationales visant à promouvoir la circoncision masculine comme outil de prévention du VIH.

Toutefois, les auteurs de l’étude menée dans le district de Bungoma ont tiré la sonnette d’alarme, soulignant qu’il allait falloir dispenser davantage de formations et allouer des ressources importantes avant que les centres de santé de l’Afrique subsaharienne ne soient en mesure d’offrir des services de circoncision sûrs.

En outre, les chercheurs ont recommandé de porter une plus grande attention à la sécurisation de la circoncision traditionnelle, pour limiter les risques auxquels elle expose les hommes des régions d’Afrique de l’Est et australe, où la pratique est répandue.

« Si on continue à ignorer les pratiques dans ces communautés, les bénéfices des programmes de promotion de la circoncision masculine en vue de prévenir la contamination par le VIH/SIDA, pourraient bien être mis à mal », ont conclu les chercheurs.

ks/he/cd/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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