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Si l’Amérique noire était un pays, elle se situerait au 16e rang mondial en termes de nombre de personnes vivant avec le VIH ; selon les activistes, pourtant, les afro-américains n’ont pas accès à bon nombre des services VIH que leur gouvernement assure aux populations d’autres pays dans le cadre du PEPFAR, le Plan d’urgence du président américain pour la lutte contre le sida.
Selon une analyse publiée récemment par les Centres américains de contrôle des maladies, 56 300 nouveaux cas de transmission du VIH ont été recensés aux Etats-Unis en 2006, soit environ 40 pour cent de plus que les estimations précédentes.
D’après le rapport, 45 pour cent des nouveaux cas d’infection concernaient des afro-américains, bien que ceux-ci ne représentent que 13 pour cent de la population.
« Assez parlé ! Il est temps d’agir. Nous avons besoin d’un plan clair et agressif pour permettre à tous ceux qui en ont besoin d’avoir accès à [des services de] sensibilisation, de prévention et de traitement du VIH », a déclaré à la presse Phill Wilson, président-directeur général du Black AIDS Institute, au cours de la Conférence internationale sur le sida, à Mexico, le 4 août.
« Cette stratégie nationale de lutte contre le sida intègrerait bon nombre des approches recommandées par les Etats-Unis aux autres pays frappés par des épidémies de VIH graves : nous devons nous fixer des objectifs ambitieux de réduction du VIH, soutenir les efforts déployés en vue de soumettre nos populations à des tests de dépistage, et le gouvernement doit consacrer au moins 1,3 milliard de dollars par an à la mise en oeuvre d’une stratégie nationale de prévention globale », a-t-il ajouté.
Selon un rapport publié dernièrement par le Black AIDS Institute et intitulé Left Behind [Laissés pour compte], qui critique la stratégie de lutte contre le VIH/SIDA adoptée par le gouvernement, 30 000 afro-américains contractent le VIH chaque année, et le sida est la première cause de décès chez les femmes noires âgées de 25 à 34 ans.
« Les leaders d’opinion, les décideurs et les médias d’information d’Amérique en sont venus à croire que le défi du sida se situait en fait "ailleurs", que le problème du sida en Amérique avait été résolu grâce à une prolifération de médicaments efficaces », peut-on lire dans le rapport.
Barbara Lee, député d’Oakland, en Californie, a noté que le PEPFAR avait fait naître un sentiment d’urgence à l’égard des programmes de lutte contre le VIH mis en place dans les autres pays, un sentiment qui fait défaut aux Etats-Unis.
« Où est notre PEPFAR à nous ? », a-t-elle demandé.
Plusieurs intervenants ont exhorté les fondations privées qui consacrent du temps et des fonds à l’épidémie en Afrique et dans d’autres régions du monde à s’intéresser à leur propre pays, et ont appelé les organisations communautaires locales à intégrer la lutte contre le VIH à leurs programmes d’action.
Selon Helene Gayle, PDG de l’organisation non-gouvernementale (ONG) Care USA, les expériences sexuelles des afro-américaines sont souvent similaires à celles des femmes des pays moins développés.
Aux Etats-Unis, le VIH fait souvent l’objet d’un diagnostic tardif chez les femmes noires, ce qui engendre un taux de mortalité plus élevé.
« En raison des inégalités entre les sexes et de la crainte des violences et autres maltraitances physiques et émotionnelles, les femmes noires ne peuvent souvent pas insister pour avoir recours aux méthodes prescrites par les programmes de prévention, telles que les préservatifs ou l’abstinence », a-t-elle expliqué.
Ainsi, « les femmes noires sont 23 fois plus exposées que leurs compatriotes blanches au risque de contracter le VIH ».
Selon Mme Gayle, l’approche adoptée par le gouvernement fédéral des Etats-Unis en matière de prévention du VIH consiste à cibler les groupes à risque, tels que les consommateurs de drogues injectables, bien que bon nombre de cas de transmission du VIH ne concernent pas ces groupes.
Davantage de recherches doivent être menées pour déterminer les schémas de comportement sexuels qui expliquent le taux d’infection plus élevé observé chez les afro-américains, a-t-elle souligné.
Les intervenants ont également souligné qu’il était nécessaire de sensibiliser les jeunes afro-américains à la sexualité et de les informer davantage sur la question du VIH.
Selon le rapport Left Behind, 70 pour cent des nouveaux cas de transmission du VIH chez les adolescents concernent les noirs.
En effet, « les connaissances de la communauté noire en matière de VIH sont limitées », selon Sheryl Lee Ralph, actrice afro-américaine et activiste de la lutte contre le sida.
« Les parents ne parlent pas du sida avec leurs enfants parce qu’ils ne savent pas quoi dire, alors les enfants s’informent sur la sexualité auprès d’autres enfants ».
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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions