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Le taux de nouvelles infections au VIH, qui a alimenté l’épidémie mondiale de VIH/SIDA depuis le début des années 1980, a connu des pics dans le monde et est maintenant sur le déclin.
Mais la croissance démographique et les effets des médicaments antirétroviraux (ARV) signifient que le nombre total de personnes infectées au VIH dans le monde est susceptible de rester élevé au moins pour les deux décennies à venir et de continuer à augmenter en Afrique sub-saharienne.
En se fondant sur les conclusions d’une étude –L’épidémie de VIH a-t-elle atteint son maximum ? (Has the HIV epidemic peaked?)-, publiée dans l’édition de juin de la revue Population and Development review, son auteur principal, John Bongaarts, a émis l’idée qu’il était temps pour la communauté internationale et les gouvernements de repenser la priorité donnée au sida par rapport à d’autres maladies infectieuses.
« Le sida a eu un traitement spécial en raison de son statut d'urgence ; cet aspect n’est plus d’actualité parce que l’épidémie a atteint son maximum », a-t-il dit à IRIN/PlusNews au téléphone depuis le siège du Population council, une organisation non gouvernementale internationale de recherche, dont il est vice-président.
L’étude, que M. Boongaarts a menée avec trois démographes de la division population des Nations Unies, s’est intéressée à la courbe observée par l’épidémie de VIH dans différentes régions du monde et s’est servie de modèles mathématiques associant des projections de croissance de populations avec des statistiques réunies par le Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, pour estimer le futur impact démographique du VIH/SIDA.
Les auteurs ont expliqué que les pics dans la prévalence du VIH –qui reflète le nombre total de personnes vivant avec le virus- enregistraient un retard d'environ 10 années sur les pics dans l’incidence du VIH –le nombre de nouvelles infections. Ce phénomène s’explique par le fait qu’une personne infectée au VIH peut vivre avec le virus environ 10 ans après l’infection, et beaucoup plus longtemps si elle entame un traitement antirétroviral.
Les recherches ont démontré que le pic mondial dans l’incidence du VIH s’était produit aux alentours de 1995, le premier d’entre eux ayant été constaté en Amérique du Nord au début des années 80, et en Europe de l’Est en 2001. Selon M. Bongaarts, cette découverte n’est pas nouvelle, mais il n’était pas dans l’intérêt d’agences telles que l’ONUSIDA de le souligner.
« Je pense que l’ONUSIDA craignait [d’une part] que les bailleurs de fonds décident de ne pas dépenser autant d’argent sur le sida, et deuxièmement, que les gouvernements disent ‘ce n’est plus quelque chose dont on doit s’inquiéter’ », a-t-il dit. « Mon sentiment personnel est que le montant des sommes dédiées au traitement du sida est hors de proportion par rapport à d’autres problèmes de santé ».
Ses commentaires interviennent au moment où d’anciens responsables d’ONUSIDA et de l’Organisation mondiale de la santé ont récemment admis que l’ampleur de l’épidémie et son potentiel de propagation avaient été exagérés, ce qui a permis de susciter une réaction du public et de maintenir les financements des bailleurs de fonds.
Les critiques contre les dépenses mondiales du sida ont commencé en février, à la suite d’un article (en anglais) publié dans le British medical journal par Roger England, du Health systems workshop, une organisation caritative spécialisée dans les politiques sanitaires, qui a souligné que le sida recevait environ un quart de l’aide mondiale au secteur de la santé mais ne constituait que cinq pour cent du fardeau des maladies dans les pays à revenus faible et intermédiaire.
S’adressant à IRIN/PlusNews, M. Bongaarts s’est dit d’accord avec les arguments de M. England que davantage de vies pourraient être sauvées en investissant dans le renforcement des systèmes de santé et en combattant d’autres maladies grâce à des interventions peu coûteuses, telles que la vaccination, les moustiquaires imprégnées et la planification familiale.
« Le sida devrait maintenant être traité comme n’importe quelle autre maladie, la communauté internationale devrait se pencher sur ses investissements dans la santé et préparer les interventions les plus efficaces financièrement », a-t-il dit. « Je ne suis pas en train de plaider pour moins d’argent pour les traitements du sida, mais je veux plus d’argent dépensé sur la prévention du VIH et d’autres maladies. Nous pouvons sauver des vies pour quelques dollars ».
L’étude du Population council fournit des projections à propos du futur impact de l’épidémie de VIH sur la croissance démographique. Selon les auteurs, la présence du sida n’empêchera pas les populations de s’accroître. Même en Afrique sub-saharienne, où les taux de mortalité dus au sida continueront à être élevés, la population devrait croître d’un milliard de personnes entre 2005 et 2050.
Cependant, le sida ralentira la croissance de la population dans les pays les plus infectés : en Afrique du Sud, par exemple, la taille de la population à l’horizon 2050 est prévue pour être 29 pour cent inférieure à celle qu’elle aurait été sans la présence de l’épidémie.
ks/he/ail
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions