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Vieillir avec les ARV

« Hé, avec les ARV [antirétroviraux], tu prends du poids et tu vis vieux », a dit récemment une patiente de l’hôpital de Johannesbourg à son médecin, alors qu’il y a encore quelques années, les personnes infectées au VIH dans les pays en développement dépérissaient et mourraient dans des proportions dévastatrices.

De plus en plus d’Africains séropositifs prolongent leur espérance de vie avec les ARV. Leur tour de taille et leur risque d’attraper des infections opportunistes sévères liées au VIH/SIDA, comme le diabète et les maladies cardiaques, augmentent proportionnellement.

La quatrième principale cause de décès chez les personnes séropositives en Afrique du Sud est maintenant l’hypertension ; le diabète arrive en sixième position.

Les statistiques des pays en voie de développement sur le thème ‘vieillir avec le VIH’ sont toujours rares, mais dans les pays développés, seuls huit pour cent des personnes séropositives sous ARV décèdent d’infections liées au VIH/SIDA.

« Le VIH pourrait devenir la dernière maladie liée au mode de vie », a dit le docteur François Venter, directeur de la Southern African HIV clinicians society, lors de la dernière réunion mensuelle de l’organisation à Johannesbourg.

Comme le VIH devient une maladie chronique de plus en plus gérable, M. Venter tentait de répondre à la question de savoir comment aider les personnes vivant avec le virus à vivre relativement en bonne santé jusqu’à un âge avancé.

Les personnes séropositives pourraient être exposées à un plus grand risque de contracter des maladies liées au VIH au fur et à mesure qu’elles vieillissent, et certains éléments suggèrent qu’elles pourraient être touchées plus tôt, mais M. Venter s’est montré optimiste sur leurs chances de préserver une bonne qualité de vie en vieillissant, à condition de faire de l’exercice, de surveiller leur régime alimentaire et d’éviter le stress.

« Les mêmes conseils que nous donnons aux personnes séronégatives sont également importants pour les personnes positives », a-t-il résumé. « Il y a seulement une étape supplémentaire –la répression du virus [avec les ARV] ».

M. Venter a conseillé à ses pairs cliniciens de porter une attention particulière à certains facteurs de risque chez leurs patients séropositifs, comme l’obésité, le tabagisme et la dépression, et de prendre en considération « le contexte pour soigner », pour voir dans quelles proportions des facteurs comme la pauvreté et la santé mentale peuvent affecter le bien-être de leurs patients.

Il a rejeté l’« idée reçue » selon laquelle les effets secondaires de la thérapie ARV pourraient finalement accélérer la mortalité chez les personnes vivant avec le VIH, mais un autre praticien lors de la réunion a commenté que le « jury ne s’[était] pas prononcé » sur l’impact à long terme d’une thérapie ARV sur la santé.

Selon un article publié en janvier 2008 dans le quotidien américain New York Times, un certain nombre de personnes qui vivent avec le VIH depuis longtemps aux Etats-Unis doivent désormais faire face à de sérieux problèmes de santé, que les experts attribuent en partie à la haute toxicité des premières générations de médicaments ARV mis en circulation dans les années 90.

Une étude au Danemark a estimé que les médicaments ARV actuellement disponibles, qui sont moins toxiques et provoquent moins d’effets secondaires, pouvaient permettre d’allonger de 39 ans la durée de vie d’une personne séropositive âgée de 25 ans.

Mais aucune étude de ce type n’a été menée en Afrique, où des facteurs tels que la pauvreté et le taux de prévalence élevé de dangereuses infections opportunistes liées au VIH, y compris la tuberculose, pourraient contribuer à raccourcir l’espérance de vie des personnes infectées, et ceci en dépit des ARV.

En Afrique, les traitements ARV ont tendance à être commencés plus tard que chez les Américains ou les Européens –le taux moyen de CD4 [qui mesure la résistance du système immunitaire] pour des Sud-Africains commençant une thérapie ARV étant entre 80 et 100-, un facteur qui a été associé à un plus grand risque de contracter des infections liées au VIH/SIDA à court terme, de même que des maladies indépendantes du VIH à long terme.

Un faible taux de CD4 peut causer des dommages irréversibles au système immunitaire et à certains organes internes, ce qui rend les patients particulièrement vulnérables aux maladies du foie, des reins et à certains cancers.

Les directives en matière de traitement dans la plupart des pays, à l’exception de l’Afrique du Sud, recommandent maintenant de démarrer une thérapie ARV lorsque le taux de CD4 du patient tombe en dessous de 350 (contre 200 précédemment).

En Afrique du Sud, comme dans le reste de l’Afrique subsaharienne, le plus grand facteur de risque, et de loin, pour les personnes vivant avec le VIH, est de ne pas pouvoir avoir accès aux ARV.

M. Venter a noté que moins de la moitié des Sud-Africains ayant besoin de ces médicaments en recevaient, un constat en partie dû aux faibles taux de dépistage, mais aussi au fait qu’un grand nombre de patients meurent toujours alors qu’ils sont en attente de commencer un traitement.

ks/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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